Conseil départemental de la Vendée

Les cultivateurs de la mer

Publié le 05/10/2012 à 14:59
Modifié le 24/11/2016 à 12:50
Ostréiculteurs, mytiliculteurs ou aquaculteurs ont une réputation qui dépasse les frontières vendéennes.

L’Aiguillon-sur-Mer, berceau des moules de Bouchot

Cinq milles tonnes de moules de bouchots sont produites chaque année en Vendée.   

   

C'est à l'Aiguillon-sur-Mer que la technique de production des moules de bouchots a été créée, en 1235, par Patrice Walton.   

Débarqué en baie de l'Aiguillon après un naufrage, le marin irlandais Patrice Walton met en place la technique de culture des moules de bouchot.    

Huit siècles plus tard, 60 000 tonnes de moules sont produites chaque année en France dont environ 5 000 en Vendée.   

« La technique d'élevage des moules de bouchot est simple, explique Bruno Vivier, mytiliculteur de l'Aiguillon-sur-Mer depuis trente ans et héritier du savoir-faire de ses père, grand-père, arrière-grand-père… Des pieux de chêne, le bois le plus résistant à l'eau de mer, sont plantés dans la vase. Dessus sont installés les moules qui s'y développent. Une fois qu'elles ont atteint douze millimètres d'épaisseur, elles sont prêtes à consommer. »   

   

Les mytiliculteurs de l'Aiguillon, sont les premiers à pouvoir commercialiser leurs moules, dès le mois de mai. « Cela s'explique par la température des courants. La mer dans notre région se réchauffe plus vite qu'en Bretagne et les moules se développent dès qu'elles ressentent un peu de chaleur », précise Bruno Vivier.    

Les moules de Vendée sont commercialisées jusqu'en octobre, les bretonnes jusqu'à Noël.   

   

Une croissance à surveiller  

Au mois d'avril, période de captage, les mytiliculteurs doivent s'assurer que les petites moules se sont accrochées aux pieux.    

« Soit elles viennent toutes seules, soit nous pêchons des naissains que nous transplantons sur nos pieux », ajoute Bruno Vivier.    

Il faut ensuite surveiller leur croissance et permettre à un maximum de moules de s'épanouir. Un pieu peut accueillir 20 à 30 kg de moules. Ces moules se nourrissent du plancton que leur apportent les courants marins.
« Le taux de remplissage réglementaire des moules est de 24 %, précise Bruno Vivier. Les moules de l'Aiguillon sont connues pour ne pas être très grandes mais bien remplies. Certains leur trouvent un petit goût de noisette, très subtil. »   

Les moules sont décrochées de leurs pieux en fonction des commandes. « Nous partons à bord de nos bateaux, transformés en ateliers flottants. Munis d'une grue, nous récoltons la quantité de moules à vendre. Nous les conditionnons directement sur place. Cela garantie leur fraîcheur », ajoute Bruno Vivier.