Conseil départemental de la Vendée

Télémédecine : boostée par la crise sanitaire, le Conseil départemental veut la développer

Publié le 09/04/2020 à 18:31

C’est un chiffre qui résume à lui seul l’ampleur du phénomène : l’Assurance-maladie a comptabilisé 601.000 téléconsultations médicales au mois de mars en France. Contre 40.000 le mois précédent, avant le confinement. Un bond de plus de 1500% ! Entre-temps, les règles permettant une prise en charge par la Sécurité sociale ont été assouplies et le remboursement est passé de 70 % à 100 %. Il n’empêche : il y aura un avant et un après pour la télémédecine, dont le développement se heurte encore à certains a priori : absence de contact direct avec le médecin et sentiment, parfois, d’être moins bien pris en charge que lors d’une consultation classique. Avec la crise sanitaire, les mentalités pourraient bien évoluer, et la télémédecine devenir un outil à part entière dans le parcours de soins des patients. Sans pour autant se substituer aux consultations classiques, mais en complémentarité.  

Une télémédecine embarquée 

Un essor qui fait écho à la décision adoptée par le Conseil départemental en décembre dernier de développer la télémédecine en Vendée. Avec une spécificité : une télémédecine mobile, embarquée dans une ambulance, pour aller à la rencontre de celles et ceux qui ne peuvent pas se déplacer. La cible : notamment les personnes âgées ou les personnes handicapées, dans le cadre du suivi médical. Avec un double enjeu résumé par la conseillère départementale Isabelle Rivière, présidente de la Commission Solidarités et Famille :« grâce à cet outil, nous allons lutter contre la désertification médicale mais nous allons également renforcer notre action en faveur du maintien à domicile. » Un souhait très largement majoritaire chez nos ainés dont le Département entend respecter, autant que faire se peut, le choix de vie. « Une personne âgée qui ne peut plus se rendre chez son médecin et dont l’état de santé se dégrade risque de devoir quitter son domicile pour intégrer une structure de prise en charge collective, explique Isabelle Rivière. Chaque jour gagné est une bonne nouvelle. » 

La téléconsultation mobile expérimentée dans les Centres Vendée Santé 

La téléconsultation médicale embarquée, le Conseil départemental a choisi de la développer avec ses Centres Vendée Santé, qui regroupent des médecins, qui sont salariés du Département, dans des zones particulièrement déficitaires. Une initiative qui a vu le jour en janvier dernier avec l’ouverture du Centre de Sainte-Hermine. « L’engouement a été immédiat », salue Catherine Poupet, conseillère départementale du canton. Celui de Moutiers-les-Mauxfaits a suivi le 16 mars :« nous en sommes à plus de 2300 consultations depuis le lancement, précise le docteur Bruno Charrier, médecin coordinateur du programme (notre photo). Ces centres ont vocation à accueillir des patients qui n’ont pas de médecin traitant et ce chiffre prouve son utilité au quotidien. » Le Conseil départemental poursuit sa recherche de médecins pour ouvrir d’autres centres, mais toujours en lien avec les élus locaux et en complémentarité avec les médecins libéraux dont il entend conforter l’activité. « Les médecins salariés n’ont pas vocation à remplacer les médecins libéraux, tient à souligner Yves Auvinet, le président du Conseil départemental. Nous ne sommes pas en concurrence. Nous venons en soutien parce que les médecins libéraux font face à des demandes de rendez-vous toujours plus importantes. » 

Les consultations par téléphone et par visio pour éviter les déplacements 

Avec la crise, le quotidien de ces centres a été chamboulé. Chaque centre dispose de trois cabinets avec une filière spécifique Covid-19, pour recevoir en toute sécurité les personnes qui ont des symptômes suspects : horaires spécifiques, salle d’attente isolée, médecin spécialisé, salle de consultation dédiée… Pour les autres patients, le rendez-vous par téléphone ou par visioconférence est très utile pour les consultations courantes : un créneau horaire est proposé lors de la demande de rendez-vous, la consultation à distance dure de 15 à 20 minutes. « L’avantage c’est que le patient ne se déplace pas et ne prend pas de risque », souligne le docteur Charrier. Cette téléconsultation en est à ses prémices mais bientôt, les outils technologiques permettront une auscultation cardiaque ou pulmonaire qui facilitera le diagnostic du praticien et rassureront le patient. D’ici quelques semaines la télémédecine va donc faire sa révolution en Vendée avec la mise en place d’une unité mobile de téléconsultation. « Nous avons lancé ce projet pour toucher nos publics fragiles. Ce cabinet médical ambulant se déplacera chez le patient lequel sera pris en charge, accompagné et guidé par une infirmière durant toute la consultation en visio-conférence avec un des médecins des Centres de santé », explique Isabelle Rivière. Porté par le Département, ce projet innovant sera une première nationale. 

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