Conseil départemental de la Vendée

Vendée Globe : Le tour du monde en moins de 80 jours, un mythe devenu réalité

Publié le 13/10/2020 à 14:47

D’un roman d’aventures à une performance héroïque, la barre mythique des 80 jours pour réaliser le tour du monde à la voile en solitaire est tombée un 27 janvier 2013. Grâce à deux hommes : François Gabart et Armel Le Cléac’h.  

Aux chapitres des belles histoires du grand livre du Vendée Globe, la 7e édition restera l’une des plus magnifiques. Car si Jules Verne a fait de son périple autour du monde en 80 jours un roman d’aventures, l’histoire qu’on écrit à eux deux le vainqueur François Gabart, et son dauphin Armel Le Cléac’h, est passée du mythe à la réalité. 

Un bras de fer de 78 jours 

Cette fois pas de Passepartourt à bord mais bien la solitude de deux hommes, livrés à eux-mêmes sur leur monocoque pour faire le tour du monde. Dans cette histoire qui débute le 10 novembre 2012 au départ des Sables d’Olonne, le public amassé sur le chenal du Port Olona ne s’attendait pas à les revoir de sitôt. Dans l’Imoca Banque Populaire, Armel Le Cléac’h bénéficie d’une première expérience sur le Vendée soldée par une jolie deuxième place derrière le professeur Michel Desjoyeaux. Sur le MACIF jaune et bleu, François Gabart, petit protégé de ce même Desjoyeaux, embarque avec la carrure d’un bizuth de 29 ans mais avec le talent qui allaient faire de lui le personnage principal d’une odyssée remportée en 78 jours 2 heures et 16 minutes. 

« Je le remercie pour toutes ces émotions et ces difficultés qu'il m'a apporté. » 

Sans la force de caractère de ces deux hommes, ni l’esprit de compétition de ces deux skippers, jamais une telle performance n’aurait pu s’écrire. Car depuis le départ, Le Cléac’h et Gabart ne se sont jamais lâchés, naviguant à vue et repoussant l’autre dans ses retranchements pour aller encore, et encore plus vite. « Il faut aussi savoir que pour faire un bon premier, il faut un bon second, écrit Jean Le Cam, encore en mer, dans une lettre ouverte pour souligner la performance des deux marins et féliciter François Gabart pour sa victoire. Si tu n'avais pas eu Armel avec toi, tu n'aurais pas fait ce que tu as fait. Parce que l'on sait qu'une performance comme celle-là, elle se fait grâce à l'autre qui te pousse dans l'affaire. » Un message que confirme Gabart : « Je le remercie pour toutes ces émotions et ces difficultés qu'il m'a apporté. » Avant de nuancer avec le sourire : « Dès fois j'aurais préféré qu'il ne soit pas là. » 

L'innovation technologique moteur de la performance 

Dans un mano à mano terrible, de la chevauchée des mers du Sud jusqu’à la remonté de l’Atlantique nord pour arriver plein pot dans le golfe de Gascogne, il n’y a eu aucun moment de répit. Et c’est grâce à ce bras de fer que François Gabart réussit la prouesse de parcourir la distance record de 534 milles en 24 heures pour recoller à Le Cléac’h, alors en tête. « La lutte a été super intense avec François, notamment dans les mers du sud. », souligne à son arrivée le skipper de Banque Populaire, trois heures et 17 minutes seulement après l’heureux vainqueur. « La course s'est jouée au large du Brésil : j'ai tenté un coup, je pensais profiter d'une dépression orageuse pour revenir au contact mais ça n'a pas marché. C'est le jeu de la météo, de la course au large. », raconte Armel Le Cléach. 

Galvanisé dans sa remontée de l’Atlantique, François Gabart arrive ainsi en héros aux Sables d’Olonne. De fait, il pulvérise donc de 6 jours le record de son mentor Michel Desjoyeaux. Une performance qui n’aurait jamais eu lieu sans innovation technologique à bord des bateaux. Comme la révolution industrielle au 19e siècle qui inspire Jules Verne pour réussir le pari d’un tour du monde en 80 jours, la technologie embarquée et la lecture améliorée des informations météorologiques ont permis au « petits princes des océans » d’arriver en 78 jours. Depuis 2016, les foils sont la nouvelle technologie qui permet aux Imoca d’aller encore plus vite. Avec des monocoques qui volent sur l’eau, le tour du monde en moins de 80 jours peut rapidement devenir caduc en cas d’arrivée sous les 70 jours pour le vainqueur du Vendée Globe 2020. 

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