Conseil départemental de la Vendée

Romain Attanasio, marin solitaire pour un Vendée Globe en couple

Publié le 14/10/2020 à 11:20

Pour sa deuxième participation au Vendée Globe, Romain Attanasio sera au départ avec Samantha Davies, sa femme, chacun dans son Imoca. 

« Je veux faire le tour du monde en solitaire et comprendre pourquoi Samantha est revenue différente. » Voilà l’une des raisons qui a poussé Romain Attanasio à embarquer pour son premier Vendée Globe en 2016. Cette année, le couple sera ensemble au départ des Sables d’Olonne. Une première dans l’histoire de la course. « J’ai eu la possibilité avec mes partenaires de reconduire un projet sur quatre ans jusqu’à ce Vendée Globe. Samantha avait la possibilité de partir sur un projet Ultime, mais Tanguy de Lamotte lui a proposé la barre d’Initiative Cœur, retrace le skipper de Pure – Best Western. Elle a préféré le projet Vendée. Je lui ai dit : “On fait le Vendée Globe tous les deux ! On verra bien, on s’organisera après”. » 

« Je cours pour finir, Sam pour les premières places. »  

Le couple doit en effet laisser à terre leur petit Ruben (9 ans) jugé assez grand pour voir ses parents partir ensemble, mais l’un contre l’autre, réaliser le tour du monde. Gardé par les parents de Samantha Davies, il pourra supporter ses deux parents sans faire de jaloux. « On ne joue pas dans la même cour. Je cours pour finir, Sam pour les premières places : ça enlève de la pression. », explique Romain Attanasio au  Monde.  

Sauvé par un cargo dans le golfe de Gascogne  

C’est dire aussi qu’au départ, le marin de 43 ans partait avec du retard. Haut-Savoyard qui a grandi en Afrique du Sud jusqu’à 7 ans avant de passer son adolescence dans l’Oise, Romain Attanasio n’est pas prédestiné à gravir l’Everest des mers. Enfant de la montagne, il débute par l’alpinisme avant d’attraper le virus de la voile chez un grand-oncle en Bretagne. En 1999, pour ses premiers bords dans la course au large en Mini-transat, l’expérience aurait pu tourner court. Prêt à couler il est sauvé dans le golfe de Gascogne par l’équipage d’un cargo. Peut-être naît ici le premier signe d’une aventure vers le Vendée Globe ?  

« La course d’une vie et une emmerde par jour. »  

Quinzième de son premier Vendée en 2016-2017, le marin repart avec de l’ambition pour cette édition. « J’ai appris sur le premier, j’y vais maintenant pour tenter de rallier l’arrivée en 80 à 90 jours. Avec ce nouveau bateau, j’ai les moyens d’attaquer un peu plus en essayant évidemment de ne rien casser. » Il y a quatre ans, Attanasio y laisse ses deux safrans et se retrouve à réparer au sud de l’Afrique, encerclé par les requins. « Le Vendée Globe c’est la course d’une vie. Mais c’est aussi une emmerde par jour ! », s’amuse-t-il à rappeler. Cet épisode laisse néanmoins des traces sur le skipper mais aussi sur le père de famille. « Éric Bellion m’a dit : “Tu t’en es sorti, ça t’apportera toujours dans ta vie d’homme.”, se souvient Romain Attanasio. J’ai découvert que l’on peut trouver les ressources à chaque fois pour franchir les obstacles. »  

« J’aimerais mettre quelques foilers derrière moi. »  

À bord du plus vieux bateau de la flotte en 2016, le Figariste a racheté un Imoca ancienne génération conçu pour Loïck Peyron en 2003 et avec deux Vendée Globe au compteur : 5e place en 2012 pourJean Le Cam et 11e en 2016 à la barre de Fabrice Amedeo. Avec ce bateau qu’il a allégé et plus conforme à ses ambitions, Romain Attanasio ne s’interdit pas de rêver : « Je vais pouvoir me tirer la bourre avec beaucoup de concurrents et j’avoue que j’aimerais mettre quelques foilers derrière moi. » Sa compagne Sam Davies pourrait en faire les frais. 

+ consultées

Publiées depuis 7 15 30 + jours

Recommandées

Publiées depuis 7 15 30 + jours