Conseil départemental de la Vendée

Kojiro Shiraishi, le samouraï des mers

Publié le 29/10/2020 à 13:56
Modifié le 29/10/2020 à 16:18

Personne n’a oublié sa descente du chenal des Sables-d’Olonne. Kojiro Shiraishi avait revêtu une tenue traditionnelle de samouraï japonais avec un sabre en bois et saluait la foule. Ce départ est mythique, la suite de l’aventure moins. Le Japonais a dû abandonner au large du Cap de Bonne Espérance. Mât cassé. Fin de l’histoire… provisoire. « Ce que je retiens de ma première participation, c’est le moment du départ qui est vraiment fantastique. J’ai pu intégrer le milieu de la course au large », se souvient-t-il.Quatre ans plus tard, il est de retour. Encore plus expérimenté et combatif. « Maintenant, il faut que j’essaye de finir, c’est mon objectif principal. C’est la première fois que j’ai un bateau aussi compétitif, le but c’est bien sûr de terminer la course. » 

Bonne humeur et joie de vivre 

Sur le ponton, il se rend disponible pour ses équipes et pour les visiteurs. Derrière son masque, on devine le sourire de Kojiro Shiraishi. Dans ses propos aussi. Humble mais joyeux, le skipper nippon est heureux d’être à nouveau au départ pour son 2e Vendée Globe. « J’y suis arrivé et je remercie toutes les personnes autour de moi qui m’ont aidé par rapport à mon projet. Je veux aussi remercier toutes les personnes qui m’ont accueilli ici en France si chaleureusement. » 

Mais la carrière de Kojiro ne se mesure pas à ses sourires et sa joie de vivre. C’est aussi un formidable compétiteur. Le skipper Yukoh Tada le prend sous son aile et le forme à l’école de la voile. Il devient son préparateur. Dès 1989, il est invité par les organisateurs pour la première édition du « Vendée » mais faute de sponsors, il ne peut s’aligner. En 1991, Yukoh Tada se suicide à Sydney, honteux d’avoir mis trop de temps pour finir une étape du Boc challenge. Kojiro ramène ce bateau au pays, le retape et le rebaptise Spirit of Yukoh

En mémoire de Yukoh Tada 

En 1994, sur cette embarcation il devient le plus jeune skipper à faire un tour du monde en solitaire, sans assistance et sans escale. Il n’a que 26 ans et passe 174 jours en mer. Un tour du monde spirituel en mémoire de son maître. Quatre ans plus tard, il embarque avec Bruno Peyron et bat le record de la traversée du Pacifique nord. En 2008, il est régleur de Gitana 13 et bat à nouveau ce record. Shiraishi aime le large mais aussi la course en solitaire. En 2016, il se lance dans son premier Vendée Globe. Une réussite populaire mais une déception sportive pour lui. Le Japonais poursuit son objectif. Le 8 novembre, il prend le départ sur son Spirit of Yukoh V. Dans tous les océans du monde, son maître veille toujours sur lui.  

Suite de notre série demain avec le portrait d’Armel Tripon au départ sur l’Occitane. 

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