Conseil départemental de la Vendée

La « parenthèse » Vendée Globe challenge de Titouan Lamazou

Publié le 13/11/2020 à 18:01
Modifié le 13/11/2020 à 18:07

Chaque vendredi, un des sept vainqueurs du Vendée Globe nous raconte son parcours. Titouan Lamazou, navigateur, artiste et écrivain, ouvre le bal avec sa victoire en 1989. 

16 mars 1990. Après 109 jours, 8 heures et 48 minutes passés en mer à bord d’Écureuil d’Aquitaine II, Titouan Lamazou arrive au port des Sables-d’Olonne. Il fait alors nuit. Malgré l’impatience de remonter le chenal et de retrouver famille et amis, le premier vainqueur du Vendée Globe Challenge ne touche la terre ferme que quelques heures après à bord d’un canot à moteur. La marée basse l’empêche d’amarrer son monocoque. Qu’importe, le navigateur vient d’exploser le record du tour du monde en solitaire détenu par Olivier de Kersauson (125 jours 19 heures et 32 minutes sur un trimaran) et de marquer l’histoire de la voile.  

Après des jours et des nuits bercées d’incertitudes permanentes, la solitude laisse place à la liesse populaire. Bras levés et cheveux au vent, Titouan, né Antoine, est accueilli en héros sous les klaxons et cris de la foule. Un contraste saisissant avec le départ plutôt discret de la course trois mois et demi plus tôt. Le 18 mars 1990, c’est à bord d’une décapotable qu’il parade aux côtés de son dauphin Loïck Peyron sur les Champs-Élysées. « A ce moment-là, je me demandais ce que je faisais là », se souvient le skipper dans L’Équipe

Disques et radio à bord 

Ce jour de mars 1990, Titouan Lamazou essuie les plâtres et ouvre la voie à des dizaines de marins. Il ose se confronter à la solitude, aux éléments et se mettre à l’épreuve. Le 13 décembre 1989, il confie d’ailleurs : « Nous allons entrer dans une configuration de course que nous n’avons jamais connue. Aucun de nous n’est resté aussi longtemps seul. » 

Plus isolé que les skippers de cette 9e édition c’est certain mais pas totalement coupé du monde pour autant. Pour l’anecdote, en 1989-1990, Titouan Lamazou écoute sur son bateau des disques laser de Cindy Lauper… Les informations, riches à cette période (fin de la guerre froide, libération de Nelson Mandela), il les entend à la radio. « Radio Moscou, la radio d’Afrique du Sud… C’était amusant, ces sons de cloche de partout. On n’est pas mal informé en mer, peut-être plus qu’à terre, d’ailleurs : on a des échos du monde », se souvient le navigateur sur vendeeglobe.fr. 

Carrière éclair 

Le skipper ressort grandi de cette aventure. « J’avais envie d’appartenir au monde des marins dont je n’étais pas issu, livre le navigateur mais avant tout artiste. Les gens pensent que je suis un navigateur reconverti en artiste, alors que ce n’est pas ça du tout. La voile n’aura été qu’une parenthèse dans ma vie », explique-t-il au journal L’Équipe. Sa carrière sportive est d’ailleurs courte, « cinq ans tout au plus »

Après une victoire à la route du Rhum, un titre de champion du monde de course au large et la création du Trophée Jules Verne avec Florence Arthaud, celui qui a étudié les Beaux-Arts raccroche le ciré. 

L’artiste né à Casablanca retrouve la poésie, l’écriture, la photographie et la peinture. Mais trente ans après son tour du monde sans escale et sans assistance, l’océan n’est jamais loin. Alors qu’il prépare une rétrospective sur les îles polynésiennes, il revisite aussi son rêve de Bateau-Atelier qui accueillerait des artistes-voyageurs. « C’est un projet que j’avais annoncé publiquement à mon arrivée du Vendée Globe en 1990 », relate-il. Titouan Lamazou devrait donc prochainement faire glisser l’art sur le monde. 

   

Suite de notre série vendredi 20 novembre avec Alain Gautier, vainqueur de l’édition 1993-1994 du Vendée Globe. 

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