Conseil départemental de la Vendée

Christophe Auguin, expert en circumnavigation

Publié le 27/11/2020 à 12:52

« Geodis vient de couper la ligne d’arrivée à 9 h 33 min et 23 secondes ». Dans la radio, la victoire de Christophe Auguin raisonne. Nous sommes le 17 février 1997 au large des Sables d’Olonne. Le marin normand vient de remporter la 3e édition du Vendée Globe après 105 jours, 20 h, 31 minutes et 23 secondes de course autour du monde en solitaire, sans assistance et sans escale. Il devient par la même le seul marin à remporter trois victoires dans des courses à la voile en solitaire autour du monde : un BOC challenge en 1990-91, un second en 1994-1995 et le Vendée Globe 1996-97. 

« Le plus beau jour, c’est aujourd’hui parce qu’on est libéré ! » 

À son arrivée de son premier et unique Vendée Globe, juché sur son Imoca, le skipper apparait épuisé par cette course qu’il redoutait et qui l’a vu chavirer à deux reprises. D’ailleurs, lors de son périple mouvementé, il se filme naviguant sur les mers du sud. Un témoignage poignant qui montre l’extrême dureté de cette épreuve même pour des marins expérimentés. « C’est effarant et fascinant à la fois, c’est quelque chose quoi !, dit-il en regardant la mer démontée. Être en milieu hostile pendant des jours et des jours, ça va laisser une putain d’empreinte dans les neurones. »  

Après plus de trois mois seul en mer autour du monde, Christophe Auguin voit enfin le bout. Il a les traits tirés, le visage du marin émoussé, la barbe a poussé, les cheveux sont hirsutes mais le skipper savoure l’instant. « Personnellement, c’est extrêmement enrichissant, je pense que je vais en garder des traces toute ma vie. Chaque jour est très très fort à vivre. Le plus beau jour c’est aujourd’hui parce qu’on est libéré. », lance-t-il aux journalistes massés sur les pontons des Sables-d’Olonne. 

Aller-simple pour la Patagonie 

Christophe Auguin doit faire face à sa nouvelle notoriété de héros moderne. Il choisit la discrétion. Fini les courses au large, il se lance dans une entreprise (dans quel secteur ?) puis quitte la France pour rejoindre la Patagonie où il veut profiter de ces endroits qu’il ne voyait juste en passant le Cap Horn. 

Il s’y installe pour partager son temps entre terre et mer. Il élève des ovins et des bovins dans une ferme en Uruguay et fait découvrir les mers du sud aux touristes épris d’aventure. « Je navigue dans des zones un peu sauvages, en Amérique du sud, en Antarctique, des endroits où j’ai trouvé le bonheur de naviguer en tant que marin dans des zones difficiles, sans port, où on retrouve le travail du marin ; J’apprends toujours énormément de choses. ». 

« L’engouement de la population » 

En 2016, près de vingt ans après son exploit, Christophe Auguin revient aux Sables-d’Olonne sur les lieux de son « forfait ». « Je n’étais jamais revenu depuis mon arrivée mais je garde le souvenir de l’accueil et de l’engouement de la population au départ à l’arrivée, c’était très impressionnant », raconte-t-il alors qu’il se laisse prendre les mains dans un moulage qui ornera le remblai en hommage aux vainqueurs du Vendée. Christophe Auguin n’aime pas la célébrité ni les festivités. Il repart vivre sa vie loin de tout mais au contact de la nature qu’il aime tant et qu’il veut préserver en toute discrétion au bout du monde. 

Vendredi prochain, suite de notre série de portraits sur les anciens vainqueurs du Vendée Globe avec Michel Desjoyaux. 

+ consultées

Publiées depuis 7 15 30 + jours

Recommandées

Publiées depuis 7 15 30 + jours