Conseil départemental de la Vendée

Sprint final dans l’Atlantique

Publié le 13/01/2021 à 18:24
Modifié le 13/01/2021 à 18:32

Regroupée au large des côtes brésiliennes, la tête de flotte du Vendée Globe entre dans un sprint final vers les Sables-d'Olonne. Une course de vitesse commence dans l’Atlantique. 

Cette fin de Vendée Globe à une odeur de 100 m aux Jeux olympiques. Ce rendez-vous tant attendu, le sprint final au bout de la nuit. Cette fois pas de ligne droite mais l’Atlantique en guise de piste pour les neuf meilleurs skippers de ce Vendée Globe qui ont déjà accompli les trois quarts du parcours. Un énième départ après 66 jours de course, mais cette fois l’échappée par l’avant pourrait bien avoir lieu. « Là c’est vraiment une course de vitesse jusqu’aux Sables-d’Olonne, détaille Christian Dumard, le monsieur météo du Vendée Globe. Il pourrait y avoir des gros écarts de vitesse dès maintenant ».  

Les foilers vont-ils se friser les moustaches ?  

Les marins prennent donc la direction de Recife et espèrent toucher des alizés formés pour appuyer sur l’accélérateur. L’occasion enfin pour les foilers de se friser la moustache. « On commence à avoir du vent, avec un alizé qui se cale tout doucement et qui va ouvrir à mesure qu'on va progresser par le Nord », explique Thomas Ruyant (LinkedOut). Derrière, à quelques milles plus loin, Boris Herrmann (Seaexplorer-Yacht Club de Monaco) est prêt à faire voler son bateau en bon état : « L’objectif est d’atteindre le vent stable qui me permet d’utiliser mes foils. Les alizés de Sud-Est ont l’air assez faibles. S’ils ne dépassent pas 11-12 nœuds, je ne pourrai pas utiliser mes foils, mais à 13 nœuds, ça pourrait fonctionner. Donc ça se joue à pas grand-chose. Les alizés de Nord-Est semblent plus forts. On devrait les avoir jusqu’aux Canaries et après on atteindra les dépressions hivernales ». 

Le Pot au Noir pour le 16-17 janvier 

L’Allemand a planté le décor et devrait être servi. « Les bateaux naviguent actuellement dans un alizé qui est assez faible, 12-15 nœuds dans un alizé d’Est-Nord-Est le long du Brésil. Ils vont remonter comme ça et vont passer tout proche de Recife dans la journée de vendredi, analyse Christian Dumard l’œil pointé sur ses routages. Ensuite ils vont remonter dans le Pot au Noir qu’ils devraient franchir dans la nuit du 16 au 17 ». Voilà le programme des prochaines heures et des prochains jours. 

Mais attention, si le terrain semble propice à la vitesse, prendre le bon couloir aura toute son importance. S’il est toujours préférable d’être à la corde, sur l’eau l’avantage est donné aux concurrents les plus à l’Est. La preuve déjà avec Charlie Dalin (Apivia) qui cavale à 16 nœuds de moyenne à 15 h ce mercredi pendant que Yannick Bestaven (Maître Coq), le plus à l’Ouest, était à une allure de 12,5 nœuds. Le skipper d’Apivia est en position idéale pour trouver l’angle de vent idéal pour propulser sa machine, bien qu’il soit handicapé par un foil bâbord endommagé. Mais à l’approche de Recife, une zone de grains se forme et il sera essentiel de ne pas se faire piéger. Car rester coincé 6 h eures durant à 4 nœuds sous une masse sans air, c’est dire adieu à la victoire ! 

Une remontée de l’Atlantique Nord « très rapide » 

Louis Burton (Bureau Vallée 2) est le nez dans ses réglages, « à l’attaque » pour passer l’Équateur en position de force. Car la remontée de l’Atlantique Nord pourrait être « très rapide » selon Christian Dumard. « Ils vont aller chercher une dépression qu’ils devraient trouver autour du 21 et du 22 janvier. C’est probablement cette dépression qui devrait les emmener jusqu’aux Sables-d’Olonne. Là il y aura du vent de Sud-Sud-Ouest qui devrait les pousser quasiment jusqu’à l’arrivée. Dans ce scénario un peu idéal, on pourrait avoir une arrivée le 26 ou le 27 janvier ». 

+ consultées

Publiées depuis 7 15 30 + jours

Recommandées

Publiées depuis 7 15 30 + jours