Conseil départemental de la Vendée

Alan Roura : « Le Vendée Globe c’est légendaire »

Publié le 12/02/2021 à 18:57
Modifié le 12/02/2021 à 19:28

Alan Roura et Stéphane Le Diraison, 17e et 18e du Vendée Globe, sont revenus sur leur aventure bouclée en 95 jours. Deux heures séparent les deux marins à l’arrivée. 

Ils étaient arrivés la veille mais ils ont décidé de mettre leur Imoca au mouillage face à la grande plage des Sables d’Olonne pour profiter d’une remontée du chenal en pleine journée. Il était 15 h quand Alan Roura entamait sa route vers le ponton de Port Olona. Dressé sur la pointe de son étrave, sa barbe longe de 95 jours de course ne pouvait pas masquer son sourire rayonnant : « On a réussi la mission, le bateau est rentré à la maison ! » 

« J’ai appris à me connaitre en étant dans le dur » 

Le Suisse termine avec la fierté de boucler une aventure, lui qui espérait figurer plus haut. « Pour moi ce n’était pas acceptable de terminer dans les choux et me dire : « Je termine juste ». Mais quand on passe la ligne on se rend compte que le classement importe peu. Le Vendée Globe c’est la course la plus dure donc tu te sors les doigts et tu vas au bout ». 

Alan Roura a « vécu un Vendée Globe difficile mais boucler un tour du monde en solitaire n’a rien d’anodin ». L’abandon n’était pas une solution et le marin a trouvé l’énergie nécessaire pour se battre : « Peut-être que certains n’auraient pas été au bout. Moi j’ai décidé de tout faire pour atteindre l’objectif d’aller au bout. Ça me servira toute ma vie. Il a fallu se surpasser et être dans le mal pendant longtemps. J’ai appris à me connaitre en étant dans le dur. En tant que marin, mais aussi en tant qu’homme, ça va me servir toute ma vie. Aujourd’hui je ne vois que du plus dans ce Vendée Globe. »  

Pour trouver la force de finir « cette course légendaire », Alan Roura a beaucoup pensé à sa petite fille. « Si j’ai fini ce Vendée Globe c’est grâce à ma fille pour lui prouver que son père tenait la route et lui laisser une trace qui peut lui servir dans le futur ».  

Avarie pour Le Diraison même quand la course est finie 

Stéphane Le Diraison aura tout vécu sur cette 9e édition. Des mers du sud dantesques, des problèmes de voiles et … une voie d’eau au moment de quitter le mouillage. « Jusqu’au bout le pauvre vieux, il avait hâte d’aller à la clinique. Heureusement j’étais dans la cabine, l’eau est montée tout de suite », rigole le skipper qui a dû emmener son Imoca au port de commerce pour le sortir de l’eau. 

18e, Stéphane Le Diraison a vécu « ce Vendée Globe avec intensité ». « C’est une émotion particulière. On est dans une dimension parallèle pendant 95 jours, décrit le skipper de Time for Oceans. Notre habitat, une boite en carbone, on coupe la ligne et cette boite se remplie des caméras et des amis, c’est une émotion à gérer. A l’image du Vendée Globe, c’est les montagnes russes ». Un manège extrême surnommé l’Everest des mers. Et à entendre Stéphane Le Diraison, la formule prend tout son sens. « Je suis monté très très haut, au sommet de l’exaltation et parfois j’ai dû faire appel à toute la préparation mentale pour me remotiver. J’ai cherché des ressources incroyables. Je me suis surpris à avoir une force physique et mentale que je ne soupçonnais pas. C’est propre au solitaire et au tour du monde ». 

+ consultées

Publiées depuis 7 15 30 + jours

Recommandées

Publiées depuis 7 15 30 + jours