Conseil départemental de la Vendée

Clément Giraud : « Je me réveille d’un rêve »

Publié le 16/02/2021 à 19:46

Clément Giraud a bouclé son Vendée Globe à la 21e place en 99 jours 20 heures 8 minutes et 31 secondes. Un bonheur pour celui qui a vu son bateau bruler et qui est parti avec celui prêté par Erik Nigon. 

Le Vendée Globe t'a changé ? 

Clément Giraud : "Mon frère m’a dit : « tu étais déjà un marin mais là tu es devenu un marin avec un grand M ». Il y a trois jours je me suis fait peur parce que c’était dantesque comme les dépressions du sud. Mais à un moment tu as confiance dans le bateau, tu as conscience de tes limites et celles du bateau. Trouver cet équilibre permanent c’était un gros kiff. J’ai du mal à concevoir que j’ai fait le tour de la Terre. J’ai l’impression de me réveiller d’un rêve. J’ai pris mon pied !" 

T’es-tu posé la question : « qu’est-ce que je fais ici ? » 

CG : "La vérité ? Je ne vois pas ce moment-là. Ce n’était pas du 100 % : « qu’est-ce que je fais là ? ». À Noël quand on s’appelle avec ma famille c’est un moment dur. Je le fais pour eux car ça leur fait plaisir mais je reste dans ma rythmique, mon quotidien. Car le danger est de sortir de cette routine. Tout était militaire à bord pourtant il n’y a pas plus bordélique que moi (rire). Pour ne pas me faire surprendre c’est comme ça que je devais faire et au bout de deux semaines je n’avais même plus besoin de réfléchir. Tout devient mécanique et ça laisse libre cours à ma façon de naviguer, de contempler ce qui m’entoure." 

Tu as émerveillé ce Vendée Globe par ta bonne humeur… 

CG : "J’ai trié les moments. Je ne voulais pas montrer les périodes de « flops ». Les gens ne veulent pas me voir râler, ils veulent du bonheur. Car parfois on a l’impression d’être un conducteur de bus : tout est réglé, tu rentres, tu prends ton bouquin et tu attends que les vents changent. Là ça ne sert à rien de montrer ça. Mais par contre il y a des moments d’euphories. Le bateau est une locomotive, il est lancé à fond et tu as l’impression de voir la fumée sortir comme à l’avant de la locomotive. Avec la musique à fond dans le bateau et le café à côté, ça s’est fabuleux à partager." 

Tu comptes revenir dans 4 ans ?  

CG : "Aujourd’hui je n’ai pas la réponse. L’aventure était déjà incroyable. Qu’est-ce que je vais aller chercher de plus ? Si les conditions sont réunies pour monter d’un cran, pourquoi je n’irai pas ? Je suis entre deux feux mais le moment est de se poser, réfléchir. Si je dois repartir je n’irais pas de la même façon. Ça ne passera pas deux fois. Il faut bâtir pour repartir différemment mais avec la même pêche et la même hargne." 

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