Conseil départemental de la Vendée

L'Observatoire Départemental de l'Eau

Publié le 08/01/2015 à 15:16
Modifié le 24/06/2016 à 11:37
L'Observatoire Départemental de l'Eau a été créé en 2000 et associe des structures de l'Etat, du Département et de l'Agence de l'Eau Loire Bretagne.

En 2015, il est rattaché à l'Observatoire Départemental de l'Environnement en s'étendant aux thématiques du climat, de l'air, de l'agriculture, de la pêche et de l'aquaculture et des espaces naturels.


Retrouvez toutes les données de la thématique EAU dans ce dossier.

Suivi qualitatif des eaux continentales en Vendée

  

  

 

Les eaux continentales englobent les eaux de surface et les eaux souterraines. Alimentées par les eaux de pluie, elles renferment à la fois des molécules naturelles et d'autres issues de contaminations liées à l'activité humaine. Compte-tenu des enjeux sanitaires liés à son usage, la qualité de l'eau fait depuis longtemps l'objet d'une attention particulière. Dans le cadre de la directive-cadre sur l'eau, les états qualitatifs des eaux de surface et des eaux souterraines sont évalués séparément. 

   

Les eaux de surface, et notamment les cours d'eau, sont soumises à de nombreuses pressions : rejet des stations d'épuration urbaines ou industrielles, ruissellement des eaux pluviales, pollutions diffuses d'origine agricole ou dues à des retombées atmosphériques, aménagement des berges, obstacles à l'écoulement... Les impacts de ces pressions sur leur état écologique ou chimique sont donc multiples : présence excessive de polluants d'origines diverses (pesticides, nitrates, phosphore, hydrocarbures...), perturbations des peuplements biologiques... 

Les eaux souterraines bénéficient de la protection naturelle du sol et du sous-sol mais leur qualité peut malgré tout être dégradée. Les causes des mauvais états chimiques des masses d'eau souterraine sont la présence excessive principalement de nitrates et de pesticides issus de pollutions agricoles diffuses. 

   

   

Evaluation de la qualité des eaux de surface

   

La qualité d’une masse d’eau se détermine par l’évaluation de son état chimique ainsi que son état biologique : 

 - l’état chimique se détermine par l’analyse des substances polluantes provenant des activités humaines (pesticides, métaux lourds, polluants industriels) dans l’eau. 

 - l’état écologique se détermine à partir de 3 critères : 

  •  l’état physico-chimique
  •  l’état biologique
  •  l’état hydro-morphologique

    

Tous ces indicateurs permettent d’identifier les milieux aquatiques suivant 5 classes de qualité, représentées chacune par une couleur : 

  • très bonne - bleu
  • bonne - vert
  • moyenne - jaune
  • médiocre - orange
  • mauvaise - rouge

   

La qualité de l'eau se mesure également en fonction de l'usage qui en est fait : 

  • normes applicables aux eaux destinées à l'alimentation en eau potable (teneurs en nitrates et pesticides notamment)
  • normes relatives à la baignade (bactériologie)
  • normes relatives à la consommation des coquillages (bactériologie, toxines...)

 Ces trois éléments sont distincts et complémentaires des états écologique et chimiques. 

     

Evaluation de la qualité des eaux souterraines

   

La qualité des eaux souterraines se détermine par l’évaluation de son état chimique qui porte principalement sur les teneurs en nitrates et pesticides. 

Ces indicateurs permettent d’identifier les eaux suivant 2 classes de qualité, représentées chacune par une couleur : 

  • bon état - vert
  • état médiocre - rouge

         

Suivi de quelques paramètres

                    

  

1 - Les pesticides

   

Les pesticides sont des produits, le plus souvent obtenus par synthèse chimique, pour lutter contre les organismes indésirables. Le terme de pesticides couvre une large gamme de produits herbicides, insecticides, fongicides,... qui correspondent à des cibles différentes telles qu’herbes indésirables, insectes ravageurs, champignons… 

Ces produits sont aujourd’hui répandus dans notre environnement (cours d’eau, nappes d’eau souterraine, air ...) du fait de leurs nombreux usages. Parmi les utilisateurs les plus importants, on trouve les agriculteurs, les collectivités locales, les propriétaires de réseaux de transports (routes, voies ferrées) et les particuliers pour leurs activités de jardinage. 

Ces substances, mises sur le marché avec autorisation de l’Etat, peuvent être nuisibles ou toxiques non seulement pour les organismes visés mais également pour l’homme et les milieux naturels. Ces pesticides mettent parfois longtemps à se dégrader et les produits de dégradation (appelés « métabolites ») sont en général aussi toxiques et parfois présents encore plus longtemps dans le milieu naturel que la molécule mère dont ils sont issus. 

        

Les réseaux de suivi

     

Aujourd’hui, le suivi de la qualité des eaux destinées à la consommation humaine permet d’appréhender partiellement l’évolution des pesticides dans les eaux françaises. Ce réseau constitue l’essentiel des stations prises en compte par l’IFEN (Institut Français de l’Environnement) pour sa mission d’observation des pesticides dans les eaux au niveau national. 

En Vendée, le suivi du paramètre s’appuie sur un réseau de 22 points de suivi de la qualité des eaux superficielles et 6 points pour les eaux souterraines. 

Ces dernières années, la recherche de ces polluants s’est intensifiée avec un panel de plus de 300 molécules recherchées à chaque campagne par le Laboratoire Départemental d’Analyse. 

   

En eaux superficielles, les pesticides sont analysés aux principales périodes de traitement, soit 7 fois par an selon les stations : 

  Janv. Févr. Mars Avril Mai Juin Juillet Août Sept Oct. Nov. Déc.
Suivi     X X X X   X X     X

   

  

 En eaux souterraines, les pesticides sont analysés 4 fois par an. En effet, les temps de transferts étant plus longs, les prélèvements peuvent être moins rapprochés : 

Mois Janv. Févr. Mars Avril Mai Juin Juillet Août Sept Oct. Nov. Déc.
Suivi     X     X     X     X

 

   

Cartes de qualité pesticides de la dernière campagne d’analyses

  

Sur les cartes jointes, une couleur est attribuée à chaque point de mesure en fonction de la qualité annuelle. Cette qualité est estimée grâce à des grilles d’évaluation fonction de la quantité de pesticides trouvée en chaque point lors d’une campagne de mesures donnée. Pour les eaux superficielles, on estime la qualité en se basant sur l’aptitude de l’eau à l’ensemble des usages (biologie c’est à dire impact de chaque molécule de pesticide quantifiée sur la vie des organismes aquatiques, production d’eau potable et loisirs). La qualité des eaux souterraines est évaluée selon une grille différente, basée sur leur aptitude à fournir de l’eau potable, car les besoins de la vie aquatique ne sont pas pertinents dans les eaux souterraines. 

* Seuils variables selon l’écotoxicité de chaque molécule 

* Seuils différents pour quelques molécules 

(Source : Grilles de qualité du Système d’évaluation de la qualité des eaux (SEQEau) version 2) 

  

Du fait de l'intensification des recherches et de l'amélioration des techniques d'analyse, la présence des pesticides est de plus en plus détectée et quantifiée. 

  

La qualité des cours d’eau vendéens au regard du paramètre pesticides n’est pas très satisfaisant. Sur les 4 dernières années de résultats disponibles, entre 15 et 33% des stations sont classées en bonne qualité (aucune en très bonne qualité), 33 à 53% en qualité moyenne, tandis que 18 à 50% sont de qualité médiocre ou mauvaise 

Télécharger la carte qualité des eaux superficielles - pesticides 

          

Sur la trentaine de stations suivies ces dernières années, la plupart sont proches de l’état naturel, mais un tiers montrent cependant une dégradation importante. 

Télécharger   la carte qualité des eaux souterraines - pesticides 

   

      

Substances les plus retrouvées en Vendée

   

Les pesticides proviennent des activités agricoles, mais également des pratiques d'entretien des espaces verts et voiries par les collectivités et des activités de jardinage des particuliers. 

   

Sont énumérées ci-contre les principales molécules quantifiées dans le département. 

télécharger le graphique taux moyen de quantification dans les eaux de surface en 2014 

   

  

 Visualiser le taux de quantification des pesticides par station : 

 

    

  

Ces substances ont des usages divers, elles se répartissent comme ci-contre. 

télécharger le graphique substances quantifiées par usage en 2014 dans les eaux superficielles 

  

   

Consulter également 

    

2 - Les nitrates

   

Les nitrates proviennent essentiellement des activités agricoles (élevages) et des rejets d'assainissement. Dans les cours d'eau ou les nappes les plus superficielles, la teneur en nitrates varie avec la pluviométrie. 

   

Pour les eaux superficielles : 

Moins de 20 % des points sont classés en bonne ou très bonne qualité, tandis qu'entre 40 et 60 % d'entre eux, selon les années, sont de médiocre ou mauvaise qualité. 

télécharger la  carte de qualité des eaux superficielles - nitrates (2013) 

        

  

  

Pour les eaux souterraines : 

La qualité des nappes au regard de ce paramètre montre une légère amélioration ces dernières années. La part des stations de mesure plus ou moins proches de l’état naturel est de 54% alors qu’en 2007, elles étaient 65% à montrer une dégradation significative voire très importante. 

Un cinquième à un tiers des points dépassent chaque année la concentration de 50 mg/l au moins une fois dans l’année. Et la totalité des mesures ne descendent pas au-dessous de 50 mg/l sur 3 à 4 stations (nappe des calcaires et marnes du Lias et Dogger libre du Sud-Vendée à Luçon et à Longeville) 

télécharger la carte de qualité des eaux souterraines - nitrates 

        

3 - Les phosphates

   

Les matières phosphorées proviennent essentiellement des usages domestiques (produits d’entretien) et des activités agricoles (élevages). Les stations d'épuration ayant un niveau de traitement aujourd'hui performant, la généralisation des produits ménagers sans phosphates, ainsi que la mise en œuvre du programme de maîtrise des pollutions d'origine agricole (PMPOA) ont permis de faire reculer la pollution par les matières phosphorées. Dorénavant, les origines domestiques du phosphate sont dues à des réseaux ou aux assainissement non collectifs défaillants. Les eaux industrielles peuvent également contenir de tels composés. 

Les phosphates sont les principaux responsables des phénomènes d’eutrophisation. 

  

 Télécharger la carte de qualité des eaux superficielles - phosphates 

  

  

  

    

   

Pour en savoir plus...

   

Les masses d’eau constituent le référentiel cartographique élémentaire de la directive cadre sur l’eau. Ces masses d'eau servent d'unité d’évaluation de la qualité des eaux. L’état (écologique, chimique, ou quantitatif) sera évalué pour chaque masse d’eau. Consulter les cartes d'état des masses d'eau sur   http://www.eau-loire-bretagne.fr/informations_et_donnees/outils_de_consultation 

   

Consulter également les cartes présentant les différents éléments liés à la qualité des cours d'eau, plans d'eau et des eaux souterraines sur http://www.eau-loire-bretagne.fr/informations_et_donnees/cartes_et_syntheses/cartes_ponctuelles. Pour ces cartes, la qualité est mesurée grâce aux réseaux de suivi dont l'agence de l'eau Loire Bretagne assure la gestion.