Discrétion, efficacité et humanité
Il est des parallèles saisissants, qui s’imposent au coeur comme à la raison. Le choix de donner le nom de Gilbert de Guerry au foyer départemental de l’enfance est de ceux-là. Un peu à l’écart de La Roche, niché dans un écrin de verdure protecteur, le foyer départemental de l’enfance accueille les enfants de Vendée à qui la vie n’a pas donné la chance de pouvoir construire leur avenir en famille.
Discrétion, efficacité, humanité. Ces trois maîtres mots guident chaque jour l’action des professionnels du Conseil Général, chargés d’être les relais de la solidarité départementale envers les plus démunis. Discrétion, efficacité, humanité sont aussi la ligne directrice d’une vie, celle de Gilbert de Guerry, l’une des plus belle figures de responsable public que la Vendée ait compté.
Maire de Chavagnes, président de la commission des actions sociales et éducatives du Conseil Général pendant un quart de siècle, l’homme a consacré sa vie à soulager les misères de ses contemporains. A l’origine du sauvetage des enfants juifs de Chavagnes durant la guerre (lire le Journal de la Vendée n°20), Gilbert de Guerry fut aussi le premier président de la commission de surveillance du foyer.
Du social par amour des autres
De cette mission, comme de toutes celles qu’il eut la générosité d’accepter, la Vendée a gardé les valeurs qui fondent aujourd’hui l’ensemble de ses actions au service des plus faibles : le soutien avant tout aux solidarités naturelles que sont la famille et les associations, le traitement personnalisé des situations, le refus de l’institutionnalisation du social, c’est à dire la priorité donnée à la dignité de l’homme plutôt qu’aux formulaires et aux guichets.
En dévoilant, au milieu de ses enfants et petits-enfants, la plaque qui porte aujourd’hui son nom, Philippe de Villiers saluait ainsi la mémoire et la trace laissée
par un homme «qui ne faisait pas du social par idéologie. Qui ne se servait pas du social pour défendre une
cause. Qui faisait du social parce qu’il aimait les autres. Qui a su communiquer à ceux qui l’entouraient cet
amour de l’autre sans lequel le social n’est qu’un traitement administratif de la misère. Qui savait bien, enfin, à quel point les enfants doivent être protégés, aimés et éduqués, parce qu’ils portent l’espérance du monde de demain».