Une solution pour améliorer la situation estivale
Avec les sécheresses de plus en plus fréquentes, la problématique de l’eau dans le département est devenue un véritable enjeu. Cette année, la Vendée a décidé d’innover en créant des réserves pour récupérer une partie de l’eau qui en temps normal se jette directement dans l’océan Atlantique.
«Le principe est proche de celui des barrages, explique Joël Sarlot. L’hiver, 90% de l’eau qui tombe dans notre bassin déborde dans la mer. On prélève donc une partie du surplus que l’on stocke dans d’immenses cuves bâchées». Dès cet hiver, quatre réserves seront opérationnelles à Oulmes, St-Pierre-le-Vieux, Nieul sud et Damvix.
«Cela représente une capacité de 1,7 millions de m3, continue le député du sud Vendée. Avec les dix réserves, à terme, on pourra stocker 3 millions de m3, soit la moitié de la consommation estivale».
Pérenniser les activités
«Si on arrive à garder notre potentiel d’eau, on gardera un pouvoir économique sur notre secteur et donc une vie locale», explique Stéphane Guillon, le maire de Bouillé-Courdault.
Il est vrai que c’est l’eau qui donne une plus value touristique au sud Vendée, qui fait vivre bon nombre d’agriculteurs ou qui permet au pépiniériste Mercier de se développer dans le secteur... «Sans toutes ces activités, notre sud Vendée perdrait de son attrait et de son dynamisme».
Pour Michel Bossard, maire de Nieul-sur-l’Autise, l’objectif est de pérenniser les activités qui existent déjà et, avec les départs en retraite d’agriculteurs irrigants, de redistribuer les volumes pour que l’accès à la ressource soit également ouvert aux non-irrigants. «Les agriculteurs, dix fois moins nombreux qu’il y a cinquante ans, sont conscients de la problématique.
Tout l’été, des réunions régulières avec la Préfecture, le Conseil Général, Vendée Eau, l’association des maires, la profession agricole nous ont permis de faire le point sur l’eau et de savoir quels sont les prélèvements raisonables que chacun pouvait effectuer».
L’objectif des nouvelles réserves n’est pas d’augmenter la consommation d’eau l’été. Et chacun a aujourd’hui pris conscience que l’eau est devenue précieuse chez nous.
«Demain, si on a les dix réserves et que l’on fait attention à notre consommation, on pourra affronter sans subir les étés de canicule et les années de sécheresse. Habitants, touristes, agriculteurs mais aussi faune et flore... On sera gagnant sur tous les plans».
L’enjeu des prochains mois sera donc de réunir à nouveau les différents partenaires pour qu’ils acceptent, comme ils s’y sont engagés, de réaliser les six prochaines réserves.