Martine Adema, peintre à Jard-sur-Mer
Ils étaient plus de cinq cents, originaires des quatre coins de la planète et tous membres du «Salon des Artistes Français», sorte d’académie de la peinture, à exposer au Grand Palais en novembre dernier.
Selon le principe, ils ne peuvent exposer qu’une seule toile qui retiendra ou non l’œil du prestigieux jury passant entre les chevalets. Martine Adema, peintre à Jard-sur-Mer depuis douze ans, n’a pour le moment pas encore été primée, mais son parcours mérite d’ores et déjà le coup d’œil.
Prédilection pour la peinture à l’huile
Après avoir tenu une maison de la presse pendant des années, elle décide de se lancer dans le métier de peintre. Elle n’en était pas à son premier coup de pinceau, mais elle se consacre à fond à sa technique de prédilection : la peinture à l’huile. Et se met à poser sur toile, à partir de photos, des portraits d’enfants qu’elle a vus pendant ses vacances ou que d’autres personnes ou associations lui prêtent.
Son art mêle peinture et littérature
Son atelier est désormais empreint de ces visages, pas toujours très souriants, mais marqués par la dure réalité de leur vie au Laos, au Vietnam ou en Afrique.
«On m’a souvent fait le constat de la tristesse qui se dégage de ces portraits, explique-t-elle en les désignant sur le mur. Au-delà de cette tristesse, je reste très touchée par leurs regards et c’est avant tout ce que chacun d’entre-eux dégage que j’essaie de faire ressortir.»
Les regards, les portraits, les nus, plus loin les trompe-l’œil ou les montages surprenants faisant référence à Rimbaud, Eric-Emmanuel Schmitt ou Daniel Pennac qu’elle lit et affectionne particulièrement, ont su gagner chacun leur place dans son atelier.
Un atelier où s’empilent aussi beaucoup de livres car chaque œuvre est précédée d’une recherche minutieuse mêlant peinture et littérature. Une façon pour elle de nourrir ses œuvres avant de les faire voyager lors d’expositions en France et en Corée, au Japon ou en Chine.
Pas très loin parfois des regards d’enfants qu’elle a photographiés jadis. Retour au point de départ.