La mémoire face au temps
« La France ne doit pas oublier la douleur. Elle doit à ceux qui ont souffert pour elle, la reconnaissance et la considération. »
A l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux Hommes tombés entre 1952 et 1962, en Algérie, en Tunisie et au Maroc, les représentants du monde combattant se sont retrouvés au Conseil général de la Vendée, pour une cérémonie de la mémoire.
Ils ont été accueillis par Philippe de Villiers, Président du Conseil Général de la Vendée, en présence de Thierry Lataste, Préfet de la Vendée, de l’ensemble des conseillers généraux, et de dizaines de porte-drapeaux, arborant fièrement leurs étendards aux trois couleurs.
Une fierté exprimée notamment par Michel Leboeuf, Président de l’UNC, Président du Comité d’Entente des Associations d’Anciens Combattants « C’est un honneur d’être reçus ici, à l’Hôtel du Département, c’est une reconnaissance morale » a-t-il estimé.
Il est revenu avec émotion sur ces années lointaines et les cicatrices que le temps ne pourra jamais faire oublier : « Nous avions 20 ans. Nous n’avons pas demandé à aller en Algérie, pourtant nous y sommes allés. Nous y avons laissé les plus belles années de nos vies, parce que nous étions des jeunes courageux, loyaux, et valeureux. Aujourd’hui, nous sommes âgés mais nous n’acceptons pas de passer pour des tortionnaires. Nous voulons être respectés. »
Un rassemblement symbolique « au cœur de la Vendée »
A son tour, Philippe de Villiers a rappelé combien la France devait à son armée.
« En cette journée symbolique, nous embrassons dans le même souvenir tous ceux qui ont donné une partie de leur vie ; leur vie entière parfois ».
« La grandeur du soldat c’est de mourir dans le sacrifice, dans l’anonymat, d’être enterré sans sépulture et de se voir piétiner -hélas parfois- par les générations suivantes. Aujourd’hui, nous voulons nous souvenir, nous incliner devant ceux qui ont été arrachés à leur terre natale, il y a plus de 50 ans » .
Rappelant que cette journée était aussi un hommage à l’armée française, le Président du Conseil général de la Vendée s’est ensuite adressé aux anciens combattants :
« Vous représentez une page de l’histoire nationale, glorieuse et méconnue.
On ne peut recouvrir du manteau de la dérision les plus belles pages de l’histoire de France. Au contraire, tous ceux qui ont servi durant ces années, qui sont tombés parfois et ne se sont pas relevés ont été l’honneur de la France.
Ces soldats tombés sont dans le cœur de chacun d’entre nous. Ils nous aident pour notre marche en avant, vers une Vendée moderne, une Vendée fidèle.
En cet instant nous leur rendons hommage. Nous sommes dépositaires -dans un esprit de justice face à l’Histoire- des messages, qui, de génération en génération, de sacrifice en sacrifice ont permis à nos jeunes de se tenir debout dans la liberté. »