Située entre les communes de Barbâtre et de La Guérinière, sur l’Île de Noirmoutier, la Dune de la Tresson offre au promeneur la vue magnifique de l’Océan atlantique.
Depuis la plage jusqu’aux fourrés, cette vaste étendue de sable de 90 hectares comprend un ensemble d’habitats dunaires uniques, qui s’étend sur plusieurs centaines de mètres : la dune mobile blanche à oyat, l’arrière dune grise à immortelle des sables, puis les dépressions humides (les pannes) abritent une flore et une faune exceptionnelles.
Une dune colorée l’été
« Cette dune est fabuleuse parce que, pendant des années, elle s’est développée en toute liberté, explique Loïc Gouguet de l’Office National des Forêts. Sa forme est unique. La dune grise, souvent menacée ailleurs, est ici complètement préservée. On trouve sur le site de La Tresson tout un ensemble d’espèces végétales et animales. Par exemple, les omphalodes du littoral, petites fleurs blanches, ne poussent dans le monde que sur les dunes du nord de la Gironde jusqu’en Bretagne. Presque la moitié de cette flore se trouve en Vendée. Il ne faut surtout pas la perdre. »
L’oyat (photo), tel un roseau des sables, domine la dune blanche toute l’année. Le raisin de mer, autre espèce végétale, colore en rouge la dune grise de mai à juin, le temps de sa floraison. Au même endroit, le jaune doré de l’immortelle des dunes (photo) marque fortement le paysage de juin à octobre. Sa progression indique que la dune s’est stabilisée.
Autre plante aux fleurs jaunes et cotonneuses en grappes très courtes : la luzerne marine qui fleurit entre avril et juillet. L’œillet des dunes est certainement la plante dunaire la plus majestueuse. Ses fleurs roses odorantes apparaissent de juin à Septembre. Ainsi, la dune colorée l’été met en valeur toute sa diversité florale.
Un refuge pour les oiseaux
Des espèces animales y trouvent refuge et nourriture. L’ensemble dunaire n’a plus de secrets pour les batraciens tels que le crapaud calamite.
« Pendant la journée, le crapaud calamite s’abrite dans le sable de la dune jusqu’à 70 cm de profondeur, puis il remonte la nuit pour se nourrir détaille Loïc Gouguet. Ce crapaud est rare dans cette région. On n’en trouve plus dans des latitudes supérieures. » Les oiseaux viennent aussi y faire leur nid comme le Pipit rousseline ou le Tadorne de Belon. L’ensemble dunaire est une halte pour plusieurs espèces de passereaux.
Les projets sont nombreux : cheminements pédestres, protection de la dune bordière, actions d’information et de sensibilisation…
« Nous comptons aussi assurer un suivi scientifique de cette faune et de cette flore remarquables, précise Bruno Retailleau, vice-président du Conseil général de la Vendée. Bien entendu, il faut préserver cet endroit. Mais parfois la nature peut être envahissante et la main de l’homme est nécessaire. C’est pourquoi des restaurations de la flore seront nécessaires en certains endroits. »