Joint par son équipe à terre en milieu d’après-midi, Arnaud Boissières a raconté avoir atteint 30,2 nœuds en surf ! Un record involontaire pour son bateau emporté par une vague. Un peu plus tôt, il s’était fait coucher deux fois de suite avant d’enregistrer une pointe de vent à 62 nœuds ! La seconde fois, le dôme de protection de son antenne Fleet 77 a été arraché par une vague, mettant hors service cette antenne satellite qui permet de recevoir des fichiers météo et d’envoyer photos et vidéos du bord.
« Le bateau s’est couché deux fois. La première fois, je suis resté couché un moment et j’ai bien cru que j’avais démâté. La deuxième fois, j’ai pris une vague par le travers et c’est elle qui a arraché le fleet. Là aussi, j’ai d’abord regardé le mât au moment où j’ai entendu le crac. Je pensais que ça allait mollir il y a une heure et ça ne mollit pas. »
Confirmation avec Dee Caffari, joint à la vacation mardi. Elle a enregistré des pointes à 64 nœuds pendant sept heures.
« La meilleure façon de décrire l'état de la mer serait de dire "Toujours aussi horrible". Le bateau va bien. Moi, je vais bien, mais la grand-voile n'a pas survécu ! »
"Il ne me reste donc pas beaucoup de toile. Je ne peux pas réparer pour le moment. Je vois des lambeaux de toile qui pendent. Je ne peux que regarder ce qui se passe en me disant que c'est horrible... Je vais regarder ce que je pourrai faire quand le vent mollira. J'espère que ce sera pour bientôt. Selon les prévisions, le vent devrait mollir. Mais après, il y aura toujours une mer déchaînée. En tout cas, là je ne peux pas faire grand-chose."
La jeune Britannique navigue désormais avec 4 ris dans la grand-voile.
Comme pour Arnaud Boissières et Dee Caffari, Brian Thompson, qui a déjà connu son lot de galères depuis le départ, va devoir faire le gros dos jusqu’au Cap Horn d’ici vendredi. Pour Caffari, reste à savoir si elle pourra réparer sa grand-voile une fois revenue dans l’Atlantique. Car remonter tout l’océan Atlantique avec une grand-voile réduite aux trois quarts paraît laborieux…
En tête, Bilou pointe désormais à 229 milles du leader, contre 340 il y a 48heures. Quant à Armel Le Cléac’h, il est aux prises avec une bulle de vents faibles et se traînait mercredi soir à 6 nœuds ! Avec la mer résiduelle de la dépression, l’inconfort est maximum…