« Nous voulons attirer l’attention de tous sur un problème grave : l’eau potable en Vendée. »
Philippe de Villiers ne mâche pas ses mots: « En 2003 et 2005, le littoral vendéen a frôlé, par deux fois, à dix jours près, la rupture d’alimentation en eau potable au robinet. Si l’Etat continue à ne pas nous entendre, la situation peut devenir dramatique , il y a urgence! ».
D’après les études réalisées par Vendée Eau, le département va en effet vers un déficit d’eau potable dans les années qui viennent.
Selon les estimations, qui tiennent compte à la fois d’une hausse de près de 1% de la démographie chaque année et des besoins des gros consommateurs, la zone côtière vendéenne et les zones du centre nord pourraient se trouver en déficit de près de 9 millions de m3 d’eau en 2015.
Un déficit qui pourrait atteindre 10,9 millions de m3 d’eau en 2025.
"Face à cette situation critique, le barrage de l’Auzance est la solution la plus simple, la moins coûteuse et la plus rapide à mettre en œuvre pour disposer d’une ressource supplémentaire suffisante, à proximité immédiate des besoins " indique Philippe de Villiers.
Les élus du littoral et Vendée Eau étudient ce dossier depuis 1992. Cette solution a remporté l’adhésion de tous et tout est prêt pour donner les premiers coups de pioches. Ce barrage pourrait accueillir 8 millions de m3 d’eau.
« Alors qu’il pourrait être réalisé rapidement, nous attendons désespérément une réponse de l’Etat » explique le Président du conseil général de la Vendée. « Les élus Vendéens sont à la fois excédés et très mobilisés pour qu’aboutisse ce projet, capital pour notre département ».
Toutes les autres solutions ont été étudiées, en vain. Les forages dans les nappes du sud Vendée ne peuvent pas répondre aux besoins. Ces nappes se trouvent en dehors des zones déficitaires. Elles sont déjà largement sollicitées et sont donc très vulnérables.
La solution d’une prise d’eau en Loire, dans le Maine-et-Loire, à hauteur d’Ancenis, est, elle aussi, dénuée de sens. Rien ne permet d’assurer que l’autorisation de pompage serait accordée. Si elle l’était, encore faudrait-il négocier les droits de passage de la canalisation sur 120 kilomètres. Il s’agit d’une solution extrêmement coûteuse, de l’ordre de 90 millions d’euros, dont rien n’assure qu’elle serait efficace aux périodes de basses eaux.