Tandis que les archéologues continuent d’étudier les charniers découverts au Mans, le maire de la ville et Philippe de Villiers se sont entendus pour rapatrier les corps de ces Vendéens. La Vendée entend rendre un dernier hommage à ces victimes de la barbarie révolutionnaire, massacrées tandis qu’elles tentaient de rejoindre leurs foyers.
« Jean-Claude Boulard, le maire du Mans, m’a appelé. Il m’a proposé de restituer à la Vendée les corps des Vendéens découverts dans les charniers mis à jour par des archéologues dans le centre-ville du Mans », annonce Phillipe de Villiers, qui a accepté l’offre.
Mais pas question de gêner les chercheurs dans leur travail. Celui-ci est capital pour reconstituer les faits historiques. D’ores et déjà, les premières constatations ont confirmé les récits relatant la bataille du Mans, les 12 et 13 décembre 1793.
Les traces d’un véritable acharnement
Dans la première des deux fosses dégagées, dans le quartier appelé Quinconce des Jacobins, au Mans, se trouvaient neuf ou dix individus.
« Le dernier cadavre, sur le ventre, a été jeté sur les autres, précisent les chercheurs de l’INRAP, Institut national de recherche préventive. Certains sujets possèdent encore boutons de chemise et de culottes, boucle de bottes ou de guêtres, canif, chapelet… »
La seconde fosse, condamnée par une épaisse couche de chaux vive, contenait une vingtaine de corps. « Leur disposition anarchique évoque un charnier creusé dans l’urgence, sans réel geste funéraire ni considération pour les défunts. Hormis un enfant et deux adolescents, les sujets inhumés sont tous des adultes. De nombreuses femmes sont présentes, décrivent les archéologues de l’INRAP. De nombreux corps portent les stigmates osseux d’un véritable acharnement : fractures de fémurs et de radius, incisions nettes du pariétal, mandibule tranchée, maxillaire coupé, omoplate percée… Un seul impact d’arme à feu a été décelé… »
La « bataille du Mans » a préfiguré ce que seront les Colonnes Infernales qui dévasteront ensuite la Vendée à l’appel de la Convention.
« Ces Vendéens cherchaient à rentrer chez eux. Ils étaient en route pour la Vendée. Ils aspiraient à reprendre le travail de leur terre. Le premier hommage qui pourra leur être rendu va consister à satisfaire cette dernière volonté, confie Philippe de Villiers. Nous réfléchissons à l’endroit où pourront être inhumés les corps. Un monument pourra être érigé en leur mémoire. »