Encore quelques heures de patience et les mordus de la pêche vont pouvoir s’attaquer de nouveau au plus carnassier des poissons: le brochet…
Samedi 1er mai, la pêche aux carnassiers va en effet s’ouvrir et avec elle, les mémorables faces à faces entre les pêcheurs et le fameux poisson aux 700 dents.
L’attente est particulièrement forte en Vendée, département dont de très nombreux cours d’eau sont classés en 2ème catégorie.
« Pour les pêcheurs vendéens, l’espèce repère est le brochet » explique Arnaud Tanguy, directeur de la Fédération de Vendée pour la pêche et la protection du milieu aquatique.
« Espèce exigeante dans la recherche de son milieu de vie et de reproduction, sa présence est le gage non seulement d’une eau de bonne qualité, mais aussi de la présence de toutes les autres espèces halieutiques » poursuit-il, « nous développons et protégeons particulièrement les frayères où se reproduisent ces carnassiers ».
A l’inverse des truites, déversées par milliers en mars dernier, les brochets sont donc très présents en Vendée :
On les retrouve particulièrement dans les zones de faible profondeur où la végétation est dense, favorisant la constitution des frayères. C’est le cas des zones inondables tels les marais poitevin ou breton, sur les abords des lacs de retenues des barrages : la Bultière, Mervent , ou encore la frayère de Givrand récemment réalisée.
Un véritable duel
« Contrairement à la truite, la pêche aux brochets demande toute une préparation et une lecture du cours d’eau » relève Arnaud Tanguy.
« Chaque pêcheur doit adapter sa technique en fonction du vent, des températures, du type de cours d’eau, pour être sûr d’arriver à ses fins ». Et les choses peuvent souvent se révéler compliquées…
Poisson très combattif, le brochet est très prisé par les pêcheurs.
Il y a d’abord tout un travail de recherche pour repérer et dénicher ce poisson solitaire qui n’hésite pas à dévorer ses congénères « venus sur ses terres ».
Cette recherche peut durer des heures, et il n’est pas rare d’observer au bord des cours d’eau des pêcheurs rodant laborieusement l’œil affuté…
« Trouver un brochet n’est pourtant que le début de l’aventure » reconnaît Arnaud Tanguy « Il s’agit par la suite de l’attraper ».
Là encore, la chose est loin d’être aisée: Outre une réactivité nécessaire pour surprendre l’animal, il faut faire preuve d’adresse et d’agilité.
Avec ses mâchoires imposantes et ses 700 dents, « le requin d’eau douce» comme il est surnommé peut en effet facilement couper les fils de pêche, d’où l’utilisation par les experts de fils en acier. La star des carnassiers n’étant pas du genre à se laisser faire, la lutte s’avère souvent difficile avec l’homme !
La patience n’est pas toujours récompensée, et le duel n’est pas souvent remporté par celui qu’on croit !
La pêche aux carnassiers est ouverte jusqu’au 31 décembre 2010
Prochaine et dernière date : l’ouverture de la pêche à la grenouille le 1er juillet.