« Pour la première fois, ce soir, en m’asseyant en haut des gradins et observant le spectacle, je me suis senti non pas metteur en scène, mais spectateur. J’étais pris dans l’émotion, porté par cet endroit magnifique »…
Francis Perrin a eu du mal à cacher son bonheur mercredi 15 juillet au soir à Luçon, à l’issue de la représentation de Rigoletto, le célèbre opéra de Giuseppe Verdi qu’il a mis en scène avec la Troupe des Opéras en plein air ouvrant le prestigieux festival vendéen.
Sous un ciel magnifique, les premières étoiles sont apparues avec les premières notes de cet opéra en trois actes, inspiré de la pièce de Victor Hugo « Le Roi s’amuse ».
« Avec Rigoletto, Verdi est au sommet de son art, car sa musique allie légèreté, passion, désir et rage » confiait Francis Perrin avant la représentation. Autant de sentiments exprimés magnifiquement par les plus belles voix lyriques d’aujourd’hui : Sergeï Stilmachenko ou Magali de Prelle notamment, qui le temps d’un soir jouent le père et la fille, faisant monter leurs voix impressionnantes au plus profond de la nuit.
Servi par l’orchestre Manifesto, dirigé par Mélanie Thiébaut, les artistes ont su, tour à tour émouvoir le public ou lui faire murmurer l’un des airs les plus fameux de l’opéra : « La donna è mobile ».
Il faut dire que l’écrin de Luçon accueillait pour jouer le chef d’oeuvre de Verdi la Troupe des Opéras en plein air, dont la réputation n’est plus à faire.
Après avoir présenté leur spectacle dans les Jardins du Sénat en juin dernier, ces jeunes artistes se produisent cet été dans les plus beaux lieux de France : le château du Champ de Bataille, mais aussi de Chambord et de Vaux-le Vicomte.
Le cloître de l’évêché du Luçon a cependant une saveur particulière, qui a séduit définitivement Francis Perrin: « Rigoletto est un opéra plutôt intimiste, avec de nombreux duos ou quatuors. Dans un endroit comme Luçon, cela prend sa véritable dimension ; toute l’émotion passe, c’est merveilleux. »
Et l’homme qui ne manque pas d’esprit de conclure dans un grand éclat de rire:" Vraiment, ce cloitre de Luçon c’est un riche Lieu !"
Un avis partagé par Tristan Duval, directeur des Opéras en plein air : « Ce cloître vendéen, c’est un lieu touchant. Il y a une émotion, une vraie proximité entre le public et les artistes que l’on retrouve hélas rarement. »