Souvenez-vous : le 12 décembre 1999, pris dans une tempête, le pétrolier Erika se coupe en deux, déversant sur les côtes vendéennes plus de 20 000 tonnes de fioul lourd, et provoquant la plus grande catastrophe écologique ayant jamais touché notre département.
10 ans ont passé depuis ce drame.
En janvier 2008, le Tribunal de Grande Instance de Paris rend son verdict : Les armateurs, gestionnaires et affréteurs du pétrolier Erika sont jugés coupables de la pollution subie par les côtes françaises en 1999.
Le jugement est historique, puisqu’il reconnaît notamment la responsabilité de toute la chaine du transport maritime. Il consacre également la notion de préjudice écologique (mais aussi d’atteinte à l’image des territoires concernés), et indemnise les associations qui s’étaient portées partie civile à ce titre.
Affréteur du pétrolier, Total décide cependant de faire appel du jugement. Avec lui, Giuseppe Savarese, l’armateur, Antonio Pollara, l’administrateur du bateau et la société de certification Rina choisissent également d’interjeter appel, contestant la décision rendue par le Tribunal.
La Vendée face à Total
Un geste qui scandalise les élus, les associations et les milliers de bénévoles mobilisés pour nettoyer les plages.
« L’appel de Total dans l’affaire de l’Erika est une pure manœuvre, qui révèle un véritable mépris pour les victimes ainsi qu’une grande arrogance », n’hésite pas à lancer Philippe de Villiers. « Non seulement Total cherche à s’exonérer de ses responsabilités, mais cet appel sonne comme un refus de se soumettre aux avancées juridiques historiques accomplies grâce au Tribunal de première instance. »
Et le Président du Conseil Général de la Vendée de poursuivre : « En proposant d’indemniser les victimes à vil prix tout en contestant sur le fond la décision du tribunal, Total cherche à conserver le droit d’utiliser des bateaux-poubelles et de polluer en toute impunité.»
En effet, en rendant publique sa décision de faire appel, la société Total avait proposé de s’acquitter intégralement des réparations allouées par le tribunal aux parties civiles, si celles-ci s’engageaient à ne pas faire appel à leur tour. « Un marché de dupes » n’a pas peur de lancer Philippe de Villiers, « une manière d’acheter leur silence lors de la procédure à venir. »
Bien décidé à obtenir confirmation de la décision historique rendue en 2008, le Conseil Général de la Vendée a décidé lui aussi de faire appel du jugement de première instance.
Avec lui soixante-cinq parties civiles, dont de nombreuses communes du littoral et des collectivités locales et régionales.
« Notre voulons que soient confirmées toutes les responsabilités (armateur, affréteur, société de classification…), et que soit enfin reconnu le préjudice écologique subi par la Vendée. » explique le Président du Conseil Général de la Vendée.
Ce procès –s’il confirme les condamnations pénales) constituera un progrès décisif en matière de prévention des risques et des atteintes à l’environnement.
« Nous nous battrons tant qu’il le faudra jusqu’à ce que la responsabilité des pollueurs et le dommage écologique soient inscrits dans le droit français par les plus hautes juridictions », assure le Président de la Vendée qui a décidé de faire citer comme témoin le PDG de Total de l’époque, que le Tribunal n’avait pas entendu en première instance.