Ouvert le 5 octobre dernier, le procès en appel du naufrage de l’Erika a connu mardi 27 octobre une séance particulière avec l’audition du PDG de Total à l’époque : Thierry Desmarets.
Le dirigeant qui n’avait jamais été entendu depuis 10 ans ( !) était cité à comparaître comme témoin, à la demande du Conseil général de la Vendée, partie civile de ce nouveau procès.
Interrogé par le Président du Tribunal Joseph Valantin, ainsi que par l’avocat du Département, Thierry Desmarets a "regretté" avoir "sous-estimé" dans les premiers jours "l'ampleur" des conséquences du naufrage de l'Erika, tout en estimant que Total n'avait "pas failli".
Selon l’AFP, « le patron du groupe pétrolier lors du naufrage de l'Erika a tenté une heure et demi devant le tribunal de dégager la responsabilité de Total dans cette catastrophe du navire ».
Une attitude loin d’être surprenante, à l’image de celle affichée depuis ce terrible mois de décembre 1999, et qui scandalise l’ensemble des parties civiles, associations ou collectivités.
Au cours de son interrogatoire, Thierry Desmarets a en outre indiqué que, dans un "esprit de solidarité citoyenne", l'entreprise a proposé en 2008 de "régler, de manière définitive et irrévocable quelle que soit l'issue de l'appel, les indemnités décidées en première instance".
Une déclaration à laquelle la Vendée avait déjà répondu il y a près d’un mois : « Total a tout simplement accéléré le versement des indemnités pour pousser les parties civiles à se désister alors que rien ne l’obligeait à payer, puisque le procès n’est pas terminé » faisaient remarquer les élus vendéens début octobre. « C’est du marchandage : on achète le silence des victimes pour éviter qu’elles ne parlent au procès, en espérant affaiblir le camp de ceux qui veulent faire évoluer le droit dans un sens protecteur ».
Faisant valoir qu'il "n'y a pas de risque zéro" en matière de sécurité maritime "même s'il faut se battre au maximum" en la matière le dirigeant a « souhaité que ce procès fasse ressortir que nos équipes n'ont pas failli, et que c'est pour cela que nous avons fait appel"…