Un sursis, mais pour combien de temps ?
Vendredi 20 novembre, l’Union Européenne a décidé de reporter sine die l’adoption de différentes mesures destinées « à rendre la pêche plus sélective et plus respectueuse des ressources en poisson ».
Les mesures envisagées prévoyaient notamment une augmentation des mailles des filets, ou encore l’interdiction lors d'une campagne, du recours à plusieurs filets de types différents.
Ce report était espéré par beaucoup.
Il faut dire que le projet est largement contesté, notamment par nombre de pêcheurs vendéens et plus largement de la côte atlantique.
La veille du Conseil des Ministres Européens de la Pêche, le Président du Conseil général de la Vendée s’était d’ailleurs fait le relais des marins pécheurs gillocruciens et de leurs inquiétudes.
Dans un courrier adressé au Ministre Français de la pêche, Philippe de Villiers rappelait l’opposition des professionnels de la mer à la règle « dite du filet unique » qui fragiliserait la flottille côtière et mettrait un terme à la nécessaire polyvalence des bateaux de pêche qui la composent.
«L’adoption de cette règle du filet unique serait révélatrice d’une profonde méconnaissance de la réalité des pêcheries qui sont bien souvent multi spécifiques et pratiquent plusieurs métiers pendant une même marée » écrivait-il au Ministre.
Quelques heures plus tard, le texte qui concernait les zones de la mer du Nord, de l'Atlantique Nord et de l'Atlantique Sud, se voyait enterré, un soulagement pour les pêcheurs, bien conscients tout de même que ce n’est qu’un sursis.
"C'est très dommage. Beaucoup ont mentionné les problèmes que le texte pouvait causer aux pêcheurs, mais personne n'a parlé des poissons (…)" a déploré Rolff Eriksson, secrétaire d'Etat suédois à l'Agriculture et à la Pêche à l’issue de la réunion des Ministres.