« Quel bonheur d’être en Vendée, quel bonheur de venir dans ce beau département ! »
Reçu au Conseil Général par Philippe de Villiers vendredi soir, Jacques Perrin n’a pas dissimulé sa joie.
A quinze jours de la sortie nationale d’Océans, le célèbre réalisateur, venu présenter en exclusivité son long métrage, a longuement remercié le Président du Conseil Général pour son aide, décisive pour achever sa symphonie des eaux profondes.
« Lorsque vous commettez un tel film, vous avez besoin d’être accompagné, soutenu. Ce soutien, je l’ai reçu spontanément lorsque j’ai rencontré Philippe de Villiers il y a quelques mois. Je lui en suis extrêmement reconnaissant. »
Un appui naturel pour le Président du Conseil Général : « La Vendée, terre du Vendée Globe, département de la mer, ne pouvait pas être absente de cette œuvre. Nous sommes fiers d’être l’un de vos partenaires, parce que ce film est un chef d’œuvre, et parce que Jacques Perrin est un grand homme. Créateur, réalisateur, producteur, il n’est pas comme les autres : mettant sa passion dans ce qu’il fait, il y prend tous les risques, y compris personnels et financiers. Le comble pour un homme qui a pourtant largement fait ses preuves ! »
« Après avoir vu en novembre dernier ce film, ce long poème, cet opéra sauvage, nous avons décidé de tout faire pour que les Vendéens puissent accéder à un chef d’œuvre. Un chef d’œuvre de beauté, d’émotion et de pédagogie » a expliqué Philippe de Villiers, sous le regard de Jacques Perrin, et de quelques membres de l’équipe du film.
« Pour forcer l’inquiétude, Jacques Perrin n’a pas recours à la statistique, mais fait appel à la beauté, à la poésie. En faisant aimer la mer et ses trésors, ce film participe à la prise de conscience qu’il faut protéger les océans. Le dernier territoire sauvage de la planète est sans doute le plus menacé par la négligence de l’homme ».
Emotion et hydrodynamisme
4 ans de tournages, 480 heures d’images, des sons et des couleurs inimaginables, des animaux jamais vus, Océans est une performance dans sa réalisation et dans son résultat
« Nous n’avons pas essayé de connaître la mer, mais de la comprendre. Comprendre la vie sous la surface, l’émotion des fonds marins » confie le réalisateur.
Une émotion rendue possible grâce à sa passion, à la patience de ses équipes « des peintres impressionnistes du mouvement » et à des techniques de tournage exceptionnelles.
« Nous n’avons pas filmé de simples poissons ; pour la première fois, nous avons filmé le regard des poissons, en partageant leur vie, épaule contre nageoire, dans l’intimité de leur déplacement, de leur relation avec les autres, de leur écosystème. Nous avons filmé la vie : Lorsque le caméraman rentre dans le ballet de la raie manta, s’inscrit et participe au mouvement, il y a là, quelque chose de la vie ! ».
Cette véritable prouesse a nécessité des milliers d’heures de travail.
Il fallait en moyenne un mois de travail par séquence, un mois pour 1minute et demi de film. Certaines scènes ont nécessité 20 heures de tournage (tel le rassemblement inouï de millions d’araignées de mer dans la baie de Melbourne), sans que jamais les hommes ne se laissent dépasser par l’impatience, la colère, le découragement.
Raies mantas, requin, thons rouges, méduse dorée… pour filmer les plus incroyables richesses du fond des eaux, Jacques Perrin a eu recours à « l’hydrodynamisme » qui permet d’accompagner le plus précisément possible l’évolution aquatique des animaux.
« Notre joie n’est pas dans la performance technique réalisée, mais d’être arrivé à traduire l’émotion de la compréhension du mouvement des espèces ».
« Nous possédons à présent 480 heures d’images que nous allons mettre à la disposition des scientifiques du monde entier qui nous ont accompagnés dans cette magnifique aventure. »
Avant d’accompagner le réalisateur à l’avant-première vendéenne devant un millier de spectateurs, il restait à Philippe de Villiers de conclure par ces mots :
« Quand il y a un chef d’œuvre, le monde après en est légèrement changé. Le monde sera changé car il sera fasciné, bouleversé. Jamais la mer n’a été filmée comme cela, avec une caméra poisson. Merci cher Jacques Perrin, vous êtes chez vous en Vendée. »