Pièces maîtresses des écluses, l’état des portes à la mer est primordial pour la gestion de l’eau des zones de marais. Le Conseil général de la Vendée vient de lancer une campagne de réhabilitation.
Répartis sur deux ans, les travaux concerneront quatre ports de la baie de Bourgneuf, celui du Pont Neuf, du Bec, des Champs et des Brochets. Commencés en février 2010, ils devraient prendre fin dans le courant de l’année 2011.
L’eau une préoccupation de chaque instant
« Dans notre zone de marais, la gestion de l’eau est une préoccupation de chaque instant, précise Michel Dupont, conseiller général du canton de Beauvoir-sur-Mer. Nous devons à la fois contrôler l’eau de mer qui entre dans les terres et l’eau douce qui vient des terres. Cette campagne de travaux est l’aboutissement de plusieurs années de travail. Dès 2002 nous avions lancé une série de diagnostics sur l’ensemble des ports du littoral. Chaque ouvrage a été inspecté des fondations sous marines aux systèmes de guidage des ouvertures. »
Les quatre ports concernés par ces travaux sont situés dans des étiers, canaux délimités par une digue de chaque côté. En amont du port se trouve l’écluse, en aval la mer. Ce système d’étiers permet de récupérer l’eau de pluie venue des terres et de la canaliser. L’eau vient buter contre les portes des écluses.
Plusieurs fois par semaine voire plusieurs fois par jour à chaque marée basse, les éclusiers ouvrent les vannes.
Des centaines de mètres cubes d’eau douce sont libérés. Ils entraînent avec eux, la vase et les sédiments apportés dans le chenal par la marée.
La sécurité des habitants et l’économie en jeu
« Ouvrir les portes des écluses est une nécessité absolue. Sans ce système d’étiers et d’écluses, la zone du Marais breton serait inondée sans arrêt. Du bon fonctionnement des portes des écluses dépend la sécurité des habitations jusqu’à vingt kilomètres dans les terres. Cela dit, ces portes qui libèrent l’eau douce ne peuvent être ouvertes à n’importe quel moment. Ces manœuvres doivent être parfaitement coordonnées selon les différents besoins des acteurs de la zone, habitants des terres, cultivateurs, sauniers, pêcheurs, ostréiculteurs... Des pans entiers de notre économie locale dépendent du bon fonctionnement et de la bonne gestion de ces écluses », précise Michel Dupont.
Environ 350 ostréiculteurs sont installés dans la zone littorale. Beaucoup d’entre eux ont aménagé des parcs à huîtres sur des polders situés au-delà des écluses. Si les huîtres reçoivent trop de doucin, mélange d’eau douce et d’eau de mer, elles sont inconsommables.
Dans le sens inverse, à partir des beaux jours, les sauniers ont besoin d’eau de mer. Dans ce cas, les portes des écluses sont ouvertes à marée haute pour que l’eau de mer entre dans le marais.
« La réhabilitation des portes d’écluses ou vannages de fonds de ports et leur entretien régulier est une de nos priorités. Plusieurs centaines d’habitations et d’entreprises en dépendent », conclut Michel Dupont.