Une nouvelle activité « Analyses de la Qualité de Miel » vient d’être mise en place au Laboratoire départemental de l’environnement et de l’alimentation. L’objectif est d’une part de garantir la qualité du miel vendéen et d’apporter ainsi une aide aux apiculteurs pour la commercialisation de leur produit, mais aussi de comprendre les interactions entre les abeilles et leur milieu.
« Lorsque vous avez un pot de miel sur votre table, c’est une part essentielle de la biodiversité qui est avec vous », explique Franck Aletru, président du syndicat des apiculteurs de Vendée. Dans le cadre du Programme départemental d’aide en faveur de l’apiculteur, le Laboratoire de l’Environnement et de l’Alimentation de la Vendée a lancé début mars l’activité « Analyses de la Qualité du Miel ».
« Les abeilles et la filière apicole font l’objet d’une attention particulière du Département, explique Joël Sarlot, vice-président du Conseil général, en charge de l’Institut de la Qualité de l’Aliment. Les abeilles et leur élevage sont des indicateurs écologiques précieux de la qualité de notre agriculture et de notre environnement. Le Conseil Général de la Vendée a été précurseur en France pour ses alertes et ses actions en faveur de l’apiculture. »
Après d’autres produits dévastateurs, un nouvel insecticide mélangeant deux molécules, la deltaméthrine et le thiaclopride, risque d’être bientôt mis sur le marché. C’est une nouvelle source d’inquiétudes pour les apiculteurs de Vendée.
« La Vendée comme beaucoup de départements agricoles, utilise pour les grandes cultures des produits phytosanitaires, précise Jean-Pierre Hocq. Nous partageons l’inquiétude des apiculteurs quant à l’utilisation de ces produits qui pourraient être pour partie à l’origine d’agressions sur les abeilles. »
Un suivi de qualité
Depuis une année déjà, de mars à octobre, une biologiste fait tous les quinze jours des prélèvements sur une dizaine de ruchers vendéens. Elle vérifie entre autres l’état de santé des abeilles.
Au laboratoire, les spécialistes analysent le miel prélevé. Ils contrôlent son taux d’humidité, sa coloration, son acidité, la présence de sucres ou d’enzymes.
Dans un premier temps, les résultats jugeront la qualité gustative, le temps de conservation, la provenance (s’il s’agit d’un miel de châtaigner ou de colza). « Les analyses de pollen confirmeront l’origine florale du miel lorsque l’apiculteur aura un doute », ajoute Franck Aletru.
Les pesticides surveillés
« Par exemple le comptage des alvéoles nous permettra de constater la bonne santé d’une colonie, explique Xavier Hirardot, directeur du laboratoire. Nous allons recouper toutes ces observations sur le terrain avec le taux de pesticides trouvé dans le miel, le pollen et les abeilles. Indirectement, nous verrons si les pesticides comme le proteus ont fragilisé les abeilles de Vendée. »