Haut-lieu grandmontain du XIIème siècle, Grammont est l’un des prieurés les mieux conservés de France. Niché dans la verdure, au cœur des bois de Saint-Prouant, le Prieuré de Grammont accueille cet été 2010 une nouvelle exposition de photos: Entre ciel et terre, sculpture romane en Vendée.
Chapiteaux, atlantes, portails, descente de Croix, cortège de la Chandeleur… plus d’une trentaine de photographies géantes invite à découvrir et admirer la richesse et la variété méconnues de la sculpture romane des églises du département.
Pensée et réalisée spécialement pour le site vendéen, cette reconstitution inédite se veut à la fois voyage dans le temps, balade dans la Vendée romane, leçon d’histoire montrant l’importance capitale de la sculpture comme source de connaissance du passé.
Dans ce lieu sobre et dépouillé qu’est le Prieuré de Grammont, surgissent ça et là des murs austères, des scènes étranges, des plantes stylisées, des personnages bibliques ou encore des animaux fabuleux, comme autant de reflets d’un monde révolu. Le tout à travers le regard artistique et poétique du grand photographe Jean-François Amelot.
Créer une émotion, un lien vivant entre les visiteurs et la pierre brute du prieuré, tel est l’objectif de cette présentation.
L’intense activité artistique du début du IIème millénaire permet d’admirer bien des siècles plus tard de véritables richesses sur 30 grands formats : le portail de Brem-sur-Mer, les chapiteaux de Velluire, La Chaize-le-Vicomte, Maillé et Maillezais, les trois portails des églises de Vouvant, Maillezais et Foussais, les sculptures de l’église de Benet, ou de Velluire… autant d’éléments présentés sur les murs de Grammont, du cloître au réfectoire, de la salle capitulaire à la cuisine.
L’église accueille enfin des sculptures représentant des scènes de la vie du Christ (Benet, La Chaize-Giraud, Foussais) avec, dans le chœur, la remarquable Descente de Croix provenant de l’église de Foussais.
Une exposition, fruit d’un ouvrage de référence sur la sculpture romane
C’est à la suite de la parution de l’ouvrage sorti fin 2009 « Sculpture romane du Poitou, le temps des chefs d’œuvre » (éditions Picard) des historiennes Marie-Thérèse Camus et Elisabeth Carpentier, illustré par le photographe Jean-François Amelot, que le Conseil Général de la Vendée a souhaité donner un pendant vendéen à ce travail par le biais d’une exposition de photographies.
Du livre ont été extraites 30 photographies de très grand format, remarquables pour leur esthétique, la multiplicité des sujets et des formes, et qui représentent les sculptures romanes les plus belles et les plus caractéristiques du département.
L’intention des auteurs était de tenter un décryptage du message proposé aux chrétiens du XIIe siècle, à travers le travail des sculpteurs, leurs modèles, le rayonnement de leur art dans la région, leur capacité à s’ouvrir aux innovations venues d’ailleurs, ainsi que les modes de vie et de pensée des hommes et des femmes de l’époque.
L’exposition est l’occasion de présenter le message chrétien véhiculé sur les monuments religieux, que la société du XIIe siècle voulait faire passer au peuple, à une époque où les images étaient rares et où la sculpture prenait tout son sens.
GRAMMONT : UN SITE RICHE DE SON HISTOIRE
En plus d’une muséographie riche d’un contenu de qualité, le Prieuré de Grammont se distingue par les nouveaux outils pédagogiques dont il s’est doté ces dernières années pour proposer au public un véritable voyage virtuel dans le temps.
Dans une production vidéo images de synthèse lancée en 2006, le Prieuré a retrouvé son aspect d’origine.
Le public peut ainsi s’immerger au cœur du XIIIe siècle, grâce à une restitution en images de synthèse et 3D du prieuré dans un court métrage de 10 minutes, qui présente les lieux tels qu’ils existaient à l’époque de la fondation monastique, avec en prime l’activité au quotidien des moines grandmontains.
En outre, un procédé photographique innovant a été mis en place en 2004 : l’alioscopie. Elle permet de contempler les plus belles pièces du trésor de l’Ordre de Grandmont, accumulées au cours des siècles et présentées au public : Buste d’Etienne de Muret, châsse, bras et croix-reliquaire garnies d’émaux et de pierreries sont ainsi présentés dans l’ancienne cuisine du prieuré.