Ces liens forts qui nous unissent
Plus de quatre-vingts objets et photographies sont présentés du 4 juillet au 7 novembre prochain à l’Historial de la Vendée, aux Lucs-sur-Boulogne, dans le cadre de l’exposition "Vendée-Madagascar, ces liens qui nous unissent".
« Le père Pedro, ami de la Vendée, est un des piliers de cette amitié vendéo-malgache, souligne Dominique Souchet, président de la commission des affaires culturelles et de la coopération, au Conseil général. Il était en Vendée, le jour de l’ouverture de cette exposition qui marque aussi le lancement de l’année malgache en Vendée grâce au Conseil général de la Vendée. »
Le visiteur se laisse entraîner dans ce voyage dans le temps, à la rencontre de ces hommes, parmi lesquels des Vendéens, navigateurs et missionnaires, qui ont marqué l’Histoire de Madagascar, l’Île Rouge.
Le Vendéen Gilles de la Roche Saint André ouvre la route
Parmi ces Vendéens, il y a les pionniers, à l’instar de Gilles de la Roche Saint André. Ce chef d’escadre des armées navales, originaire de Treize-Septiers où il naquit en 1621, est l’un des premiers à avoir planté le drapeau français sur l’Ile Rouge.
Monté à bord de « La Duchesse », il commanda la flottille qui devait les conduire, lui et ses hommes, à Madagascar.
Les visiteurs pourront notamment s’attarder sur l’acte de baptême : lors d’une de ses expéditions, Gilles de la Roche Saint André ramena en effet avec lui en Vendée un autochtone malgache. Ce dernier a été baptisé à Montaigu, en 1664.
Mais la liste des pionniers ne s’arrête pas là : René Guilbaud, chef de l’expédition « France-Madagascar » décolle, en 1926, à bord d’un hydravion, afin de repérer les points d’amerrissage possibles pour rallier la France à Madagascar. Une maquette de son hydravion est visible dans l’exposition. Mémorable aussi, l’expédition d’Auguste Tonnel qui affronte, à bord du « Rochambeau », la mémorable tempête du Cap-Horn, en 1907. Lors de ses nombreux voyages, il découvre Madagascar et ses habitants.
Souvenirs de Madagascar
Pionniers et explorateurs rapportent de leurs voyages des objets et des peintures qu’ils partagent au plus grand nombre. À l’Historial, ces trésors, reflets de la culture et du savoir-faire malgaches, se contemplent de salle en salle.
Ici, les lettres que le navigateur Amand Henry, sur l’île de Madagascar de 1919 à 1921, écrit à son fils. Il lui décrit la vie quotidienne des Malgaches, les couleurs et les images dont il s’imprègne pendant ces quelques mois à terre.
Là, le parcours des hydrographes, Donatien Cot d’abord, le premier à utiliser, sur l’île, l’astrolabe à prisme de Driencourt ou encore, Maurice Lafargue. Ce dernier rapporte de ses voyages deux somptueux « aloalo », d’immenses poteaux funéraires, indiquant la classe sociale et la richesse du défunt.
Enfin, le militaire-aquarelliste, Adolphe d’Hastrel de Rivedoux, célèbre pour ses vues, notamment celles des Sables-d’Olonne, ne manqua pas de « croquer » l’île de Madagascar.
Il dessina les ethnies malgaches, dont un célèbre portrait de la reine des « Sakalave », visible durant toute la durée de l’exposition.
Artisanat et savoir-faire malgaches
Les quatre-vingts objets exposés ont en commun de refléter l’art et le savoir-faire propres aux Malgaches.
Les chaises « Zafimaniry », en bois de palissandre, sculpté de motifs géométriques, sont le reflet d’un savoir-faire classé par l’Unesco, en raison de sa disparition progressive.
Outre les poteaux funéraires sculptés, les visiteurs admireront aussi les cornes de zébu, emblème et symbole de richesse sur l’île ou encore la cithare, ou valiha, instrument de musique traditionnelle par excellence. Les objets en fer blanc exposés, comme les vélos ou voitures miniatures, montrent une autre facette de l’artisanat malgache.