Une aventure humaine, une épopée sportive et bientôt une mission scientifique…
Le Vendée Globe 2012 était déjà la plus grande course à la voile du monde. L’épreuve va désormais se doter d’un volet scientifique :
Grande première en effet, trois voiliers scientifiques accompagneront les concurrents de la prochaine édition du tour du monde en solitaire en monocoque sans escale et sans assistance, et collecteront des données jusqu'alors inexistantes dans les mers du Grand Sud, des données aquatiques et atmosphériques.
"Nous aurons trois voiliers de 52 pieds et demi, skippés en double pour des questions de réglementation et de sécurité", a expliqué lundi 18 juillet Yvan Griboval, lui-même ancien skippeur et initiateur du projet avec sa société SailingOne, confirmant une information du Figaro et dont le rêve est de rendre la course au large utile à la connaissance de la planète et à sa protection.
"L'objectif est de collecter douze données au minimum, à l'interface océan/atmosphère, là où tout ce qui détermine le climat se passe. Nous allons pouvoir mesurer précisément les conséquences des changements climatiques mais aussi en trouver les causes", explique-t-il.
Les bateaux, des «navires à voile d'observation de l'océan» vont collecter les données automatiquement, toutes les six secondes.
« Les données atmosphériques seront destinées à Météo-France, très demandeur de données sur ces contrées lointaines pour enrichir ses fichiers et ses modèles météo. Les données aquatiques - teneur de l'eau en dioxyde de carbone et phytoplancton notamment - seront destinées aux équipes scientifiques de l'Ifremer, à l'institut allemand Geomar ainsi qu'à la Nasa. L'objectif est également d'envoyer les coureurs en bordure de zone des glaces pour mieux connaître l'évolution de la composition de l'eau à l'approche des icebergs et déterminer son changement de salinité » précisait lundi le Figaro
Ces voiliers partiront trois jours avant la course - qui s'élancera le 10 novembre 2012 depuis les Sables d'Olonne - afin d'évoluer "dans la zone des 40° en même temps que les premiers concurrents".
La trajectoire des voiliers suivra en grande partie celle des bateaux engagés dans la course, mais pourra évidemment être détournée afin de coller aux besoins des scientifiques.
"Nous allons notamment travailler sur certaines zones pour savoir jusqu'où baisse la salinité de la mer par rapport à la zone d'iceberg", détaille M. Griboval.
La participation de ces trois voiliers scientifiques fait partie d'un projet plus vaste, le Programme OceanoScientific, lancé en 2005, validé scientifiquement en 2009, et labellisée depuis par le Grenelle de la Mer notamment.
«Réaliser une campagne océano-scientifique autour du monde sur de véritables voiliers de course, c'est à la fois de l'expérimentation scientifique et une énorme aventure humaine et sportive, commente Nathalie Kosciusko-Morizet. Je me réjouis de cette initiative qui va permettre de mieux connaître les océans et les effets du changement climatique. »