«Objectivement, nous n’avons pas de problème de concurrence», commence Laurent Saupin, le directeur d’Interbois à Chantonnay. Et pour cause : sa société spécialisée dans la fabrication de panneaux de bois fournit exclusivement le fabriquant de meubles Gautier.
Cependant, certains effets de la mondialisation se ressentent sur son activité : la hausse du prix du bois, qui est en passe de devenir une matière énergie, et la hausse des produits chimiques, qui résulte du regroupement à l’échelle mondiale des grands groupes chimiques.
«Malgré notre situation privilégiée, la nécessité de faire des économies s’est vite fait sentir.» Pour y parvenir, l’ensemble de la filière bois est mobilisée : Interbois décide de récupérer les chutes et les rejets d’autres fabricants de meubles ou de scieries industrielles.
«Nous ne prenons que du résineux, par obligation. Puisque la matière première devient trop chère, nous avons décidé de recycler.» Cette décision implique des investissements : «Nous devons trier, traiter, broyer et raffiner les chutes non utilisées, reprend Laurent Saupin. Il a fallu acheter du matériel.»
Aujourd’hui, sa société collecte les déchets dans un rayon d’une soixantaine de kilomètres autour de Chantonnay. Une fois ceux-ci traités, ils sont réinjectés dans le circuit habituel de la production.
«Le bois recyclé entre pour l’instant pour 10% de nos composants. L’objectif est d’arriver à 30%, pas plus, pour ne pas altérer la qualité de nos produits.» Les avantages sont nombreux : outre les économies réalisées sur l’achat de la matière première, ce système permet aux acteurs de la filière bois et ameublement de réduire leur budget consacré au traitement des déchets.
«Avant, ils devaient les envoyer dans les Landes, avec des coûts de transports prohibitifs. Ce n’est pas du donnant-donnant, conclut Laurent Saupin, mais du gagnant-gagnant. Nous avons tous intérêt à échanger : souvent, le problème de l’un a une solution chez l’autre.»
Il ne crie pas victoire pour autant : la démarche est en cours d’organisation et il reste selon lui beaucoup de choses à faire. Mais les premiers pas sont extrêmement encourageants.