Le Hope, dernier voilier de pêche 100% vendéen

Après 17 années de pêche au large de Saint-Gilles, et presque autant à la plaisance, le Hope est aujourd’hui le dernier voilier de pêche construit en Vendée inscrit au patrimoine maritime. Il vit grâce à une dynamique association de passionnés.
Le Hope est très certainement le seul voilier de pêche construit en Vendée inscrit au Patrimoine maritime. Basé à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, ce caseyeur mis à l’eau en 1944 navigue encore 80 jours par an, sous l’impulsion de la dynamique association Suroit.
«Nous sommes entre 110 et 140 adhérents, selon les années, explique Daniel Gobin, vice-président de l’association et skippeur du bateau. La cotisation donne droit à naviguer. En contrepartie, nous ne faisons rien payer aux embarquements». Le Hope n’est donc ni navire école, ni charter à touristes. Il se contente de faire vivre une tradition maritime.
9m84 de longueur de coque, 14 mètres lorsque le bout dehors est déployé, 3,74 mètres de large, 7,8 tonnes, le Hope est un beau canote, capable d’embarquer une douzaine de passagers, mais plus à l’aise avec six membres d’équipage lorsqu’il s’agit de déployer ses voiles aux grands rendez-vous de la voile ancienne.
D’Oléron à Belle-Ile, voire à Brest, si le raz de Sein n’y met pas de mauvaise volonté, le sloup à corne de Saint-Gilles ne manque aucune manifestation de vieux gréements. Régates du Bois de la Chaize à Noirmoutier, Voiles d’Amour au Croisic, Semaine du Golfe du Morbihan, et bien d’autres encore, le Hope tire des bords aux côtés des plus belles unités à chaque occasion.
Trait d’union patrimonial
Il est né à la demande d’Israël Chevrier, patron pêcheur, vers la fin de la deuxième guerre mondiale, dans les chantiers Thomazeau. Ses voiles sont réalisées alors par la voilerie Morineau et il est doté d’un moteur auxiliaire. En ces temps de pénurie, le vent est la meilleure source d’énergie.
«Il ne fallait pas aller bien loin pour pêcher à l’époque, raconte Daniel Gobin. On pouvait trouver deux homards dans le même casier. » Le Hope, espoir en Anglais, un joli clin d’œil pour un bateau lancé sous l’occupation, naviguera à la pêche jusque dans les années soixante. Il est alors désarmé et devient navire de plaisance. «C’est ce qui l’a sauvé» estime le skippeur.
L’association Suroit s’occupe de la «Maison du pêcheur» et d’un petit musée. La première est une maison du quartier du Maroc, typique des années vingt. Sans fenêtre, la lumière n’y entre que par la porte. Elle n’a pas changé depuis sa construction, ou presque. Des objets de la vie quotidienne sont exposés dans le second. Les deux lieux sont ouverts au public d’avril à septembre et sur rendez-vous le reste de l’année.