Joël Sarlot: « La Vendée sans OGM fait figure d’exemple »

Selon vous, faut-il interdire les OGM ?
Avant toute chose, je voudrais dire que je ne suis pas opposé au principe même des OGM. Nous en avons besoin sur le plan médical. Ils peuvent apporter une aide pour venir à bout des maladies génétiques. Par ailleurs, si je ne suis pas contre les cultures en serres, je suis en revanche hostile aux cultures en plein champ. En ce sens, la loi sur les OGM est contradictoire.
Pouvez-vous nous en dire plus sur ces contradictions ?
Le texte de loi reconnaît lui-même qu’il existe des risques face aux OGM mais il ne propose pas de mesures contre ces risques. Les OGM peuvent comporter de réels risques sanitaires. Ils peuvent aussi avoir des effets toxiques sur certaines espèces, sur le lombric entre autres.
Il y a par ailleurs une contradiction en ce qui concerne les effets possibles sur la contamination entre les cultures. La loi parle d’une limite de cinquante mètres à respecter entre les champs. Tout d’abord, l’idée même de fixer une limite est la preuve qu’il y a un danger de contamination. Ensuite, je dirais que quelle que soit cette limite, elle ne changera rien. Un grain de sable est bien plus lourd que du pollen. Le vent arrive à véhiculer du sable du Sahel. Il est aberrant de croire que quelques mètres de distance formeraient une frontière infranchissable aux OGM.
Et en ce qui concerne les risques sanitaires ?
Trop d’exemples dans le passé, comme la vache folle pour ne citer que ça, devraient nous pousser en France à adopter le principe de précaution. De nos jours, le risque sanitaire n’est plus dans la contamination microbienne de l’aliment, le risque est beaucoup plus sournois. On ne connaît pas d’effet immédiat, mais tant qu’on n’est pas sûrs des risques sur le long terme, il me paraît nécessaire de prendre des précautions. D’autant plus que le consommateur, de son côté, est confronté à un paradoxe : on ne lui a jamais autant répété qu’il mange sain, et pourtant, il en arrive à douter de tout ce qu’il mange.
La Vendée sans OGM, en ce sens, fait figure d’exemple. La Vendée ne peut servir de modèle sur le plan économique sans l’être sur le plan de l’environnement.