Témoignages de darioleurs:
Détenteurs d’un savoir-faire immémorial…

René, d’Antigny, né en 1930, tient le dariolage de ses parents et l’a pratiqué dans la ferme paternelle.
Hubert, d’Antigny, né en 1931, l’a appris de ses anciens dès l’âge de 11 ans et l’a pratiqué jusqu’en 1964, année de l’arrivée d’un tracteur dans sa ferme.
Hilaire, de La Tardière, trouve que le dariolage le fait penser à du chant grégorien, ce qu’il explique par une pratique religieuse quasi générale dans le bocage vendéen (« Il fallait pas manquer les vêpres »). Pour lui, le dariolage ne se fait pas « en mesure » comme pour la musique, mais sur un rythme de plain chant. « Les mélodies d’église étaient assez prenantes. On inventait en dariolant, mais en choisissant instinctivement des airs qui avaient plu à la messe ou qu’on avait retenus. »
Guy, d’Antigny, né en 1932, l’a appris de son père en touchant les bœufs dès 12 ans, jusque vers 1960, lui aussi avec l’arrivée du tracteur.
Joseph, de Cheffois, né en 1924, a dariolé dès 9 ans, lorsqu’il était « retenu d’école » pour toucher les bœufs. Lui alterne chant et sifflement.
Henri, de La Tardière, né en 1935, a commencé à 8-9 ans, le jeudi (jour de repos scolaire de l’époque), avec l’aiguillon de son grand-père, qui le guidait. Puis il a pratiqué lorsqu’il était valet de ferme dans les années cinquante : « Un tracteur était insuffisant sur la terre à choux, il fallait un attelage à six bœufs. » Lors de l’acquisition de sa première ferme, en 1963, il achète un tracteur, mais conserve quelques bœufs et un cheval (« Mais, avec lui, on ne dariolait pas »).
Maurice, du marais nord-vendéen, n’a jamais pratiqué. Mais il en avait entendu parlé comme d’une pratique disparue et avait demandé à des anciens de lui apprendre.
Michel, quinquagénaire de La Tardière, n’a jamais entendu son père darioler. Mais il a gardé le souvenir d’airs de son oncle maternel, et en a reconstitué de mémoire des bribes.
Pierre, de Foussais-Payré, se souvient que son grand-père dariolait encore à 80 ans, marchant auprès de son père qui poussait la charrue.