Conseil départemental de la Vendée

Un patrimoine maritime bien vivant

Publié le 05/10/2012 à 14:55
Modifié le 15/10/2012 à 15:56
Découvrez Nau l'olonnois et Pierre Garcie-Ferrande, embarquez sur le "hope" et trois exemples du savoir-faire historique de la construction maritime vendéenne.

Portraits : Nau l'olonnois et Pierre Garcie-Ferrande

Histoire d’un flibustier par Patrick Villiers : Nau l’olonnois, la terreur des Espagnols  

Jean-David Nau est plus connu sous le nom de Nau l'olonnois. Et pour cause ! Ce Vendéen né aux Sables-d'Olonne en 1630 a considérablement marqué son époque.   

«On ne sait pas grand chose sur lui, nous dit l'historien Patrick Villiers qui a écrit un livre sur le sujet. C'est le livre d'Alexandre Exquemelin, un chirurgien contemporain de Nau, qui nous fournit la principale source d'informations. Réal Ouellet et moi-même avons décidé de faire une édition critique de cet ouvrage. Ce qui nous a permis de découvrir notamment que Nau l'olonnois a bel et bien existé.»   

Nau l'olonnois est donc bien réel. Alexandre Exquemelin et lui étaient à l'époque «des engagés», c'est-à-dire qu'ils prenaient le bateau pour se rendre aux Antilles et y faire fortune. Ils étaient tenus de travailler là-bas pendant au moins trois ans.   

«Ils sont donc ensemble à Saint-Domingue, précise Patrick Villiers. Pour s'enrichir, il leur reste la flibuste que les Espagnols appelleront piraterie. Alors ils s'embarquent sur des corsaires flibustiers, ces navires marchands autorisés en temps de guerre à attaquer l'ennemi.»   

On raconte à plusieurs reprises dans l'ouvrage d'Exquemelin que les flibustiers «donnèrent la gêne aux Espagnols», ce qui signifie qu'ils les torturaient… Nau l'olonnois devient un des plus grands chefs des flibustes français, on raconte (n'en déplaise aux Sablais) qu'il était un assez piètre navigateur mais qu'il réapparaissait toujours, parfois même au bout de longs mois, après un naufrage. Ça ne vous rappelle pas un certain Pirate des Caraïbes, ça ? Ils ont tous deux une fin différente puisque le Sablais finit par faire naufrage et être capturé par des Indiens Mosquitos. Qui ont pour fâcheuse habitude d'être cannibales. La légende raconte qu'ils l'auraient dévoré. Allez savoir…    

Le premier océanographe de l’Histoire : Pierre Garcie-Ferrande, père de la cartographie marine

À la fin du XVe siècle, deux ports du Bas-Poitou rivalisaient avec les plus importants du royaume, y compris Nantes, Bordeaux et La Rochelle : Les Sables-d'Olonne et Saint-Gilles. Ce dernier se tailla une belle renommée, notamment grâce à l'un de ses marins : Pierre Garcie-Ferrande. Celui-ci publia en effet en 1483 le «Grant Routtier et pilotage de la mer», premier ouvrage de référence de toute l'histoire maritime pour la navigation.    

Né en 1430 à Saint-Gilles, Pierre Garcie, dit Ferrande, était originaire de la péninsule ibérique, Espagne ou Portugal. De nombreux matelots débarquant de ces pays dans le nôtre s'y établissaient. Pierre devint marin, comme son père. Comme la plupart des pilotes de l'époque, il notait dans des carnets les caractéristiques des ports et des côtes qu'il fréquentait lors de ses navigation.  

Ces précieuses indications se transmettaient à l'époque de marin à marin. Le premier, il rassembla ses notes et celles de nombre de ses pairs en un ouvrage qu'il publia. L'opus remplaça avantageusement les portulans et cartes maritimes imprécises employées jusqu'alors. Sérieux, précis, clair et écrit en Français, il remporta un grand succès et connut trente-deux éditions en français et huit en anglais. Il resta l'ouvrage de référence des marins, sans réelle concurrence jusqu'au XVIIIe siècle lorsque fut édité «Nos Pilotes ou Instructions nautiques modernes».  

Pierre Garcie-Ferrande mourut en 1520 à Saint-Gilles. Il est considéré comme le premier véritable océanographe. François 1er le qualifia de «l'un des maistres de navires les plus experimentez qui sont aujourd'hui et le plus cognaissant en navigage».   

Dossier paru dans le Journal de la Vendée
Dernière mise à jour : Octobre 2007