Mathias Royer et Carl Journaud

Mathias Royer et Carl Journaud

Publiée le 07 Septembre 2026

Confrontés aux sécheresses, ces deux agriculteurs misent sur le miscanthus

Cultivateurs de maïs dans le bas-bocage, Mathias Royer et Carl Journaud se sont lancés depuis trois ans dans la culture du miscanthus afin de répondre au défi du changement climatique.

Mathias Royer et Carl Journaud

Mathias Royer et Carl Journaud

C'est une nouvelle culture qui vient de s'installer dans le bas bocage vendéen à Foussais-Payré. Habitués à récolter le maïs de génération en génération sur les terres familiales de la SCEA du Bas bocage, les demi-frère, Mathias Royer et Carl Journaud se sont mis à cultiver le miscanthus depuis 3 ans.

Une bifurcation pour répondre au changement climatique

« La sécheresse de 2003 nous a mis en alerte. La récolte de maïs étant très mauvaise, nous avons entamé une réflexion pour remplacer cette culture », rembobine Mathias Royer. La recherche d’une alternative l'a finalement conduit, avec son demi-frère Carl Journeau, à se tourner vers le miscanthus. 

« Cette graminée originaire des pays chauds nous a directement intéressés pour sa capacité à résister aux périodes sèches », explique l'agriculteur. Séduits par ses caractéristiques, les deux frères franchissent le pas en 2023 en implantant leurs premières parcelles de miscanthus, avec 18 ha consacrés à cette nouvelle production

« Cette culture ne nécessite ni engrais, ni pesticide. Une fois implantée, elle reste en place pendant vingt à vingt-cinq ans. » — Mathias Royer, agriculteur.

Une culture autonome et durable

Adaptée aux enjeux liés à la ressource en eau, la plante présente l’avantage d’être autonome. Grâce à son système racinaire, le miscanthus pousse sans irrigation, même en période de sécheresse. « Cette plante filtre l’eau et permet de la dépolluer dans les bassins versants », ajoute Mathias. 

Trois ans après la mise en terre des premiers rhizomes, les deux associés ont réalisé leur première récolte fin mars 2026. Récolté à l’aide d’une ensileuse à maïs, le miscanthus est ensuite stocké à l’abri de l’humidité avant sa commercialisation. « Le taux d’humidité doit être compris entre 14 et 17 % pour assurer une bonne conservation », détaille le fermier. Face au développement attendu de cette production, les frères réfléchissent à agrandir l’espace de stockage pour répondre à une demande croissante.

Une utilisation diversifiée

Au-delà des atouts agronomiques du miscanthus, cette graminée offre de nombreux débouchés. 

Vraie alternative à la paille traditionnelle, le miscanthus sert de paillage horticole et des espaces verts pour les particuliers et les collectivités. Sa capacité à retenir l’eau assure une protection des sols et permet de limiter les besoins en arrosage de 30 à 50 %. « Après un orage, c'est le moment idéale pour en mettre dans son jardin. On peut aussi l'utiliser pour contrer les gelées en d'automne et du printemps”, conseille l'agriculteur vendéen. 

Destiné aux particuliers pour le paillage des jardins, cette plante s’adresse également aux éleveurs en proposant une alternative locale à la paille. Utilisé comme litière dans les bâtiments d’élevage, le miscanthus est apprécié pour son pouvoir absorbant et son faible niveau de poussière. « C’est une matière qui améliore le confort des animaux, capte l’ammoniac et facilite le travail des éleveurs », résume Mathias Royer. 

 

 Le miscanthus ouvre des perspectives dans le domaine de la biomasse grâce à son pouvoir calorifique inférieur très élevé. Peu répandue, cette utilisation séduit certaines collectivités. « C'est un combustible de premier choix pour l'approvisionnement des réseaux de chaleur communaux ou les chaudières des bâtiments départementaux », confirme le cultivateur. À plus long terme, la plante pourrait également être valorisée dans l’écoconstruction. 

Le Conseil départemental aide à l'installation en agriculture

Le Département accompagne l’installation des jeunes agriculteurs grâce à trois dispositifs :

  • L’aide au parcours à l’installation en agriculture 
  • L’aide aux cotisations du chef d’exploitation
  • L’aide au suivi post-installation

D'autres programmes permettent aux exploitations agricoles de recevoir des accompagnements ponctuels et ciblés (aménagement de parcours à volailles, analyses influenza aviaire…).

Découvrir l'accompagnement du Département aux agriculteurs vendéens