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Environnement biodiversité
Publiée le 23 Juin 2026
Environnement biodiversité
Talmont-Saint-Hilaire

Vendée : une étude pour révéler le potentiel carbone des marais

Les marais captent naturellement le CO₂. Une étude de trois ans en Vendée vise à mieux comprendre ce phénomène.

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Véritables réservoirs naturels de carbone, les marais jouent un rôle clé dans la régulation du climat. En Vendée, ces écosystèmes littoraux suscitent un intérêt croissant pour leur capacité à capter et stocker le CO₂, un mécanisme encore peu connu appelé “carbone bleu”.

Le carbone bleu

Les zones humides littorales, comme les marais, peuvent constituer de véritables puits de carbone naturels. 

Un processus encore méconnu que l'on appelle le carbone bleu. Ce terme désigne la capacité des écosystèmes marins et côtiers, notamment grâce à certaines végétations, à capter et séquestrer le CO₂ présent dans l'atmosphère en le transformant en carbone organique. Ce processus naturel permet de stocker le carbone sur des périodes extrêmement longues, pouvant aller jusqu'à plusieurs millions d'années. Une condition est toutefois indispensable : ces milieux doivent être en bon état de fonctionnement, préservés ou restaurés.

Des capacités de stockage du carbone significatives en Vendée

En prenant l'exemple de la baie de l'Aiguillon, qui s'étend sur près de 4 900 hectares, on estime qu'elle séquestre environ 117 tonnes de CO₂ par jour, soit 43 220 tonnes par an. Selon le comparateur carbone de l'ADEME, cela représente l'équivalent des émissions de 56 allers-retours Paris–New York en avion ou de 15,5 tours de la Terre en voiture, chaque jour.

En Vendée, les marais (le Marais poitevin au sud, le Marais breton vendéen au nord, les marais d'Olonne ou encore les marais du Payré à Talmont-Saint-Hilaire) couvrent environ 120 000 hectares, soit près de 20 % de la superficie du département. La Vendée est donc particulièrement concernée par les enjeux liés à la préservation et à la restauration de ces écosystèmes.

Une étude de 3 ans au cœur des marais

Avec son plan Biodiversité Climat 2, couvrant la période 2025 – 2028, le Département de la Vendée s’est doté d’un plan composé de 30 actions concrètes réparties au cœur de six grandes thématiques. Parmi ces actions, la n°13 vise à : « Apporter un appui aux actions de préservation des marais, en tant que puits de carbone ».

Ainsi, le Département de la Vendée a souhaité travailler en collaboration avec l’Association Carbone Bleu des Marais et l’Université de La Rochelle, via le Laboratoire LIENSs, l’Ademe ainsi que la Communauté de communes Vendée Grand Littoral, et Les Sables-d’Olonne agglomération, pour lancer une étude du carbone bleu à Talmont-Saint-Hilaire, au cœur des Marais du Payré, et plus précisément les marais de la Guittière.

Un projet scientifique de trois ans qui aura différents objectifs : 

  • Mieux comprendre les mécanismes de captation et de séquestration du carbone dans les marais de La Guittière ;
  • Évaluer le potentiel de stockage du carbone sur ces marais ;
  • Construire des méthodologies de gestion permettant de renforcer leur rôle de puits de carbone sans dégrader les équilibres écologiques.

« C'est le début d'une étape importante pour les marais vendéens. Ces marais, qui ont façonné l'histoire, les paysages et la biodiversité du territoire, présentent aujourd'hui un intérêt majeur pour la captation et le stockage du CO₂ » — Anne Aubin-Sicard, présidente de la commission Climat, biodiversité, ENS du Département de la Vendée.

Des sondes déployées sur la zone

Dans le cadre de ce projet, des sondes sont installées dans les différentes typologies de marais et de milieux naturels qui composent le site de la Guittière (marais salants, marais aux oiseaux, marais à poissons, Grande Corde envasée, etc.). 

« C'est un site exceptionnel, composé d'une mosaïque de paysages, avec une histoire forte, mais tourné vers l'avenir, et cette étude le démontre », explique Maxence de Rugy, Maire de Talmont-Saint-Hilaire et conseiller départemental du canton de Talmont-Saint-Hilaire. 

Ces sondes permettront de recueillir un certain nombre d'informations :

  • Mesurer les flux de CO2 ;
  • Suivre la salinité ;
  • Mesurer la température des eaux ;
  • Analyser les courants marins ;
  • Observer l’évolution du carbone dans les sédiments ;
  • Evaluer, sur le long terme, l’impact des pratiques de gestion et d’entretien.

Objectif : comprendre le processus et adapter localement les pratiques de gestion, afin d’assurer la capacité des marais à agir comme des puits de carbone, tout en respectant les écosystèmes et les usages existants.

LE DÉPARTEMENT DE LA VENDÉE ACTEUR DE LA PRÉSERVATION DE ENS

Le Département de la Vendée fait de la préservation de l’environnement un axe fort de sa politique. À travers la gestion des Espaces Naturels Sensibles (ENS), il protège une mosaïque de paysages naturels qui font la richesse du territoire (forêts, marais, vallées, étangs…). 

Le Département gère aujourd’hui plus de 3 000 hectares d’Espaces Naturels Sensibles sur plus de 150 sites répartis sur l'ensemble du territoire vendéen. Ces sites sont étudiés, suivis et valorisés par le Département auprès du public pour sensibiliser le plus grand nombre à la protection de l’environnement.

En savoir + sur les politiques de préservation des espaces et des ressources

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