
Maison de santé pluridisciplinaire (Noirmoutier) : un modèle de réussite qui fête ses 10 ans !

Pensée pour répondre au défi de l’accès aux soins en territoire insulaire, la MSP de Noirmoutier s’est imposée comme un pilier essentiel du parcours de santé local.
Un pôle de santé coordonné et efficace
Dès sa création, la Maison de Santé Pluridisciplinaire de Noirmoutier avait l’ambition de fédérer les professionnels autour d’un exercice coordonné.
Médecins généralistes, infirmiers, kinésithérapeutes, podologues, sages-femmes, psychologues, orthophonistes et autres spécialistes de passage travaillent aujourd’hui main dans la main. Leur objectif : assurer une prise en charge cohérente, continue et de qualité, tout en facilitant l’accès aux soins pour l’ensemble de la population.
Au fil des années, la structure a su attirer de nouveaux praticiens, stabiliser l’offre médicale et développer des coopérations efficaces avec l’hôpital local, les services sociaux et les acteurs médico-sociaux de l’île.
Un atout précieux dans un contexte national marqué par les tensions sur la démographie médicale. Par an, et ce depuis son ouverture la MSP accueille environ 35 000 patients.
Au-delà des consultations du quotidien, la Maison de santé s’est imposée comme un véritable centre d’actions de prévention.
Campagnes de dépistage, ateliers nutrition, accompagnement des patients chroniques, sensibilisation aux risques liés au vieillissement ou encore programmes destinés à la petite enfance : en dix ans, la MSP a multiplié les initiatives pour irriguer le territoire d’une culture de prévention durable.
La Maison de santé de Noirmoutier est aujourd’hui reconnue comme un modèle d’organisation insulaire. Elle contribue à valoriser l’attractivité médicale du territoire, soutient l’installation de jeunes praticiens et participe activement à la continuité des soins, notamment hors saison, lorsque la population vieillit et que les besoins se renforcent.
Pour ses dix ans, l’équipe souhaite poursuivre cette dynamique, avec plusieurs projets en réflexion :
- Développement de la télémédecine,
- Renforcement des prises en charge spécialisées
- Accompagnement renforcé des personnes âgées
- Actions innovantes de santé environnementale adaptées au contexte littoral
Bien que la santé ne relève pas de sa compétence, le Conseil départemental se mobilise pour permettre aux Vendéens de bénéficier d'un suivi médical.
Il a d’ailleurs subventionné la construction de la MSP en 2013 à hauteur de 68 000 €. En 2024, le Département a aussi financé du matériel médical (un électrocardiogramme et un spiromètre) pour un montant total de 6 000 €. En 2023, il investissait plus de 700 000€ à La Roche-sur-Yon pour du matériel médical et un internat.
Dr Cyrille Vartanian : « Nous avons encore beaucoup de projets »
Dr Cyrille Vartanian, médecin généraliste à la MSP de Noirmoutier, revient sur ces 10 années passées.
- Quel bilan tirez-vous de ces 10 ans de la MSP de Noirmoutier ?
« C’est tout d’abord un bilan très positif, notamment lié au travail de coordination établi au sein de l’établissement depuis 10 ans. On peut aussi saluer la qualité des échanges entre les différents professionnels de santé. Et enfin le dynamisme qui nous anime tous et qui fait de la MSP un réel pôle d’attractivité de notre territoire. »
- Quelles sont vos principales satisfactions ?
« Elles sont nombreuses. En premier lieu, je citerai notre réactivité durant la crise Covid-19 avec la mise en place de notre centre de vaccination en un temps record. Mais aussi nos projets communs au sein de la MSP comme le maintien de la permanence de soin, le fait d’attirer de jeunes médecins et de porter des projets innovants, notamment la recherche en soin primaire. Et surtout notre faculté à répondre à la demande de soin de notre territoire et des communes limitrophes à Noirmoutier. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 10 ans, la MSP c’est 300 000 actes de médecine générale, 700 000 actes d’infirmier, 150 000 de kiné et 20 000 de sage-femme. »
- Et éventuellement vos regrets ?
« Nos locaux qui ne sont plus adaptés. On manque de salles, notamment de réunion. On constate après 10 ans d’exercice qu’il était compliqué d’anticiper notre montée en puissance. »
- Pensez-vous contribuer à lutter contre la désertification médicale avec ce type d’établissement ?
« Oui bien évidemment. On accueille même des patients sans médecin traitant et nous avons élargi notre patientèle aux territoires limitrophes. »
- Quels sont vos projets ?
« Nous envisageons de renforcer nos équipes avec l’arrivée prochaine de deux médecins généralistes. Nous allons aussi continuer à accueillir des docteurs juniors (étudiants en 4e année de médecine). Par ailleurs, nous souhaitons agrandir nos locaux pour pouvoir renforcer et accueillir de nouveaux spécialistes. Je pense en particulier à un psychiatre qui nous permettra de travailler sur la santé mentale. Enfin, nous aimerions intégrer des représentants des usagers dans l’administration de notre structure afin d’échanger et d’avoir un retour sur nos actions. »

Le Conseil départemental agit pour la démographie médicale
En Vendée, le Département met en place des politiques concrètes axées sur les médecins (aide à l'équipement, acquisition de matériel) et futurs médecins (bourse aux jeunes internes en médecine, logements étudiant…) gageant qu’un étudiant qui se plaît en Vendée fera le choix d’y rester pour pratiquer à l’avenir.
Le dispositif “Allô Installation” permet à ceux qui souhaitent s’installer, que ce soit en création de cabinet ou en reprise, d’avoir des conseils et un accompagnement pour réussir au mieux l’arrivée. Objectif : que les médecins puissent, le plus rapidement possible, commencer leur activité.
Plus d’informations sur les initiatives départementales pour la démographie médicale

