
Préparation de la terre pour les semailles à Cardinal. ©Arch. privées Linda Gregory, Winnipeg, Manitoba, Canada
Dans les pas de ces Vendéens qui se sont installés au Canada

Préparation de la terre pour les semailles à Cardinal. ©Arch. privées Linda Gregory, Winnipeg, Manitoba, Canada
Il faut remonter à 1634 pour retrouver les traces du premier Vendéen à prendre la direction du Canada : un certain Béneteau, de Puybelliard.
Vers le Grand Ouest
On parle d’ailleurs, à cette époque, du canada comme de la Nouvelle-France.
Comme Béneteau, les Vendéens qui s’y installent aux XVIIe et XVIIIe siècles choisissent la vallée du Saint-Laurent, dans l’Est canadien. « On y retrouve des fermiers, des artisans, des charpentiers… Il s’agit souvent d’une migration économique », explique Jacqueline Colleu, professeure et chercheure en histoire, auteure de l’ouvrage Les Vendéens au Canada – une épopée migratoire 1880-1920 (éditions du CVRH).

Un changement s’opère à la fin du XIXe siècle : « À ce moment-là, on cherche des volontaires pour défricher les grandes terres de l’Ouest canadien : Manitoba, Saskatchewan, Alberta, jusqu’en Colombie-Britannique. Parmi ces migrants, on retrouve de nombreux religieux, mais aussi des civils », explique Jacqueline Colleu.
Auguste Debreuil est l’un de ces civils. Accablé par le manque d’argent qui le pousse à commettre des vols, il quitte Saint-Maurice-le-Girard en 1903.
Il s’installe à Notre-Dame-de-Lourdes (Manitoba) où il choisit une terre à cultiver. Aujourd’hui, Linda Gregory, son arrière-petite-fille, Canadienne anglophone de Winnipeg, retrace son histoire : « La généalogie, c’est comme résoudre un mystère : je creuse jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à trouver. Ainsi, je suis allée en Vendée trois fois pour faire mes recherches, rencontrer la famille et recueillir des histoires et des documents. C’est merveilleux de retrouver une famille perdue et de renouer les liens », explique-t-elle.

Des Vendéens bien intégrés
« Globalement, les Vendéens qui ont fait le choix du Canada vont bien réussir, notamment dès les premières et deuxièmes générations, même si les conditions de vie ne sont pas toujours simples à leur arrivée. Des descendants de Vendéens deviendront même célèbres à l’image de l’ancienne première ministre québécoise Pauline Marois… Même la chanteuse Céline Dion a des ancêtres vendéens !», souligne Jacqueline Colleu.
Un Vendéen au parcours unique : Camille Teillet
Camille Teillet, tisserand vendéen originaire de Mallièvre, embarque pour le Canada en avril 1904.
Engagé comme fermier dans le Manitoba puis dans un maraîchage, il épouse Sara Riel en 1910, nièce de Louis Riel, ardent défenseur de la cause des Métis. Camille Teillet portait également la cause.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il est vice-président de la section manitobaine des Français-Canadiens rattachés au Comité d’Alger, fondé par de Gaulle. Il sera remercié personnellement par ce dernier pour leur action d’aide aux réfractaires du STO en France.
Toute sa vie, Camille Teillet continuera à garder un lien avec sa terre natale en échangeant avec sa famille restée en France.

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