
Exposition Archives de la Vendée : « L’audience est ouverte : affaires criminelles et justice en Vendée »

Les Archives départementales de la Vendée présentent, lors des Journées du patrimoine les 20 et 21 septembre 2025, une exposition sur la justice. Elle sera visible jusqu’au 24 octobre 2025.
Au premier étage des Archives départementales, 18 panneaux lumineux et soigneusement illustrés donnent l’occasion de rouvrir les dossiers de la cour d’assises de La Roche-sur-Yon conservés aux Archives départementales.
Une dimension pédagogique
« Cette exposition présente, entre autres, sept faits-divers qui ont défrayé la chronique aux quatre coins du département de 1800 aux années 1970 », annonce Guillaume Jean, conseiller départemental en charge de la Culture, du patrimoine et des relations internationales.
Chaque affaire est l'occasion d'une mise en perspective pour présenter les réformes de la justice, les lieux de justice, l'instruction criminelle, le déroulé d'un procès d'assises, les peines et le rôle de la presse. « À cette occasion, nous accueillerons dix classes de collèges et lycées de Vendée afin qu’elles découvrent cette exposition », ajoute Guillaume Jean.
Les Archives départementales conservent les archives des cours et tribunaux depuis l’Ancien Régime et disposent de nombreux documents judiciaires qui permettent de voir de manière concrète comment la justice a évolué au fil des siècles en France.
« À titre indicatif, les archives judiciaires représentent 2,8 km linéaires de dossiers pour les affaires traitées depuis 1800 sur les 35 km linéaires d’archives retraçant 1 000 ans d’histoire vendéenne », poursuit Guillaume Jean.

Le programme de l'exposition aux Archives départementales
Chacune de ces affaires criminelles illustre une thématique : les réformes de la justice depuis la Révolution, les palais de justice et les symboles de la justice, le déroulé et les acteurs d’un procès criminel, la place de l’image dans la procédure, le déroulement de l’information judiciaire, les types de peines, et les relations entre la presse et la justice.
Une exposition, lancée à l'occasion des Journées européennes du patrimoine, et qui sera visible ensuite jusqu’au 24 octobre.
Les sept affaires criminelles locales
Sous le nom de Princesse Victor, Etiennette Cornouailles a dupé des habitants du Marais breton avant d’être condamnée pour escroquerie en 1802. Au cours de la procédure, son dossier est présenté au jury d’accusation, groupe constitué depuis 1791 de huit citoyens tirés au sort et qui est à l’origine du jury d’assises contemporain.
Au XIXe siècle, les palais de justice, inspirés des temples grecs, incarnent l’’autorité de l’Etat et les valeurs de la justice. Celui de La Roche-sur-Yon, achevé en 1815, accueille notamment le procès de Pierre Duchié, condamné pour l’assassinat de son père en 1848.
Depuis 1791, les procès criminels reposent sur l’équité, l’oralité, la publicité des audiences et le jury populaire. En 1863, à La Roche-sur-Yon, le procès de l’assassinat du capitaine Ollive, illustre le déroulé d’un procès criminel et comment le jury peut s’écarter du droit strict lors du verdict.
Les dessins réalisés en 1882, pour les besoins de l’enquête, peu après la découverte de l’assassinat d’Auguste Durand et de sa fille par leur domestique, Pierre Jules Barbier, posent la question de l’utilité et de la réception de ces images lors du procès pénal. Ils illustrent aussi localement les prémices de la police scientifique.
Juin 1902, six sacs d’or sont volés dans une cave sécurisée de la Banque de France de La Roche-sur-Yon. Trois suspects sont arrêtés, mais faute de preuves formelles établies par l’instruction, l’affaire reste irrésolue…
Un médecin yonnais est condamné en 1922 à 2 ans de prison pour avortements clandestins et agressions sexuelles sur mineures. Emmanuel Blé purge la première partie de sa peine à la maison d’arrêt de La Roche-sur-Yon, avant d’être transféré le 20 février 1923 à la maison centrale de Fontevraud (Maine-et-Loire). Sa peine est révélatrice de l’évolution des lois et de la prise en compte des victimes.
Un médecin yonnais est condamné en 1922 à 2 ans de prison pour avortements clandestins et agressions sexuelles sur mineures. Emmanuel Blé purge la première partie de sa peine à la maison d’arrêt de La Roche-sur-Yon, avant d’être transféré le 20 février 1923 à la maison centrale de Fontevraud (Maine-et-Loire). Sa peine est révélatrice de l’évolution des lois et de la prise en compte des victimes.
Dès le milieu du XIXe siècle, les journaux ouvrent les portes des tribunaux à leurs lecteurs, allant parfois jusqu’à influencer l’opinion publique comme dans l’affaire Dreyfus. Les crimes les plus sordides font les Unes. La presse, moralisatrice, se passionne aussi pour la personnalité des accusés, comme lors du procès de la bande organisée parisienne venue commettre un vol à Aizenay en 1966.
Deux magistrates en conférence, le 16 octobre
Toutes les administrations vendéennes versent leurs archives historiques aux Archives départementales, y compris le Tribunal judiciaire qui constitue un des plus gros producteurs d’archives du département.
Pour cette exposition, celui-ci a accepté de renouveler le partenariat déjà instauré avec les Archives départementales lors des 50 ans du Palais de justice de La Roche-sur-Yon en mars 2025. Emilie Reynaud, Présidente du Tribunal judiciaire de La Roche-sur-Yon et Sarah Huet, Procureure de la République, proposeront une conférence intitulée « La justice criminelle à l’épreuve de l’évolution de la société », le jeudi 16 octobre 2025 à 18h aux Archives départementales (entrée libre, en fonction des places disponibles).
« Les deux magistrates rendront compte des évolutions récentes de la justice, permettant de mettre en perspective l’exposition avec l’époque contemporaine », conclut Guillaume Jean.
Informations pratiques
Vous souhaitez découvrir cette exposition ? Rendez-vous aux Archives départementales de la Vendée !
- Archives départementales de Vendée - 14 rue Haxo, 85000 La Roche-sur-Yon
- Entrée libre
- 20 et 21 septembre 2025 : de 14h à 18h
- Puis jusqu’au 24 octobre 2025 : du lundi au vendredi de 9h à 17h30.
Renseignements et informations complémentaires au 02 28 85 78 00
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