
Didier Neau et Jack Guichard, au dessus et à côté d'un des murs de la pêcherie
Talmont-Saint-Hilaire. À marée basse, un site ancien restauré par des bénévoles

Didier Neau et Jack Guichard, au dessus et à côté d'un des murs de la pêcherie
Au bout du chemin de la République, face au Veillon, des murs de pierres se dessinent à marée basse. Ici, les anciennes pêcheries de Talmont-Saint-Hilaire ont longtemps été utilisées pour nourrir la population des environs.
Allier patrimoine et biodiversité
« Elles datent du XIIe siècle », rappelle Didier Neault, chef de projet au sein du département pêcherie du Groupe Associatif Estuaire (GAE).
Construites par les moines bénédictins de Saint- Jean d’Orbestier, ces structures ont été progressivement abandonnées au début du XXe siècle, faute d’entretien. Mais la pêcherie de l’Anse de la République n’est pas seulement un témoin du passé.
Elle protège aussi un site exceptionnel pour ses empreintes de dinosaures, véritable trésor archéologique fragilisé par l’érosion et la fréquentation, que le projet entend sécuriser durablement. « L’objectif de la restauration, c’est la préservation des traces de dinosaures, mais aussi de la biodiversité, pour en faire un aquarium du vivant », résume Didier Neault.
Des techniques traditionnelles et naturelles
À marée haute, l’eau et les poissons entreront dans la pêcherie, tandis qu’à marée descendante, l’évacuation se fera par un « vidage », autrefois équipé d’une grille en bois de châtaignier, pour retenir certains spécimens.
La restauration s’appuie sur des techniques traditionnelles, mais aussi sur un allié naturel, l’hermelle, ce ver marin qui contribue à rendre les murs étanches, aux côtés d’autres organismes.
« Les premières étapes ont déjà confirmé l’intérêt du projet. En 2023, on a fait des études de faisabilité et d’impact qui ont été très positives. En 2024, on a fait les premiers essais de transport de pierres et les premiers montages du mur ont suivi », confirme le chef de projet.



Des centaines d'heures de travail et de partage
Le chantier se nourrit aussi d’un engouement collectif. « On construit presque 1 m de mur en une session de deux heures. Et il nous reste encore entre cinq et sept ans de travail. Au final, on devient acteur de son propre patrimoine », sourit Didier Neault, qui évoque déjà 1 200 heures de travail sur site, et autant de moments partagés.
Les premières sessions ont d’ailleurs déjà repris depuis la mi-avril, tandis que les inscriptions pour les prochaines sont d’ores et déjà ouvertes.
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